je suis comme beaucoup d'entre vous dans l'attente des résultats de la session de sptembre. Le CAVEJ annonce aujourd'hui que ceux-ci seront en ligne le 21 octobre 2009.
En fonction de ceux-ci nous verrons si nous continuons l'aventure ou si nous la stoppons.
A ceux qui passent l'examen de droit de la responsabilité dans quelques jours, il semblerait que Monsieur MARLY ait indiqué qu'il y aurait un cas pratique et une dissertation...
Cette information est à prendre avec des pincettes parce que tout circule...
·Dans la commission d'infractions, il existe
différents degrés de participation
et donc différents acteurs de la
participation criminelle (auteur, coauteur, complice, auteur moral ou
intellectuel),
·Détermination
de l'auteur pas évidente car enchevêtrement
de causes pour caractériser la participation criminelle et droit pénal spécial (notions
« d'instigateur », « provocateur », « participant à un
groupement » en dehors de toute infraction consommée ou tentée),
·Auteur
= celui qui commet les faits incriminés,
·Depuis le 1er mars 1994, les personnes morales sont des sujets de droit à part entière et
peuvent être poursuivies en tant qu'auteur d'une infraction par exemple.
·Il faut distinguer « l'auteur matériel » de « l'auteur moral » (rôle différent)
L'auteur matériel
·Art.
121-4 : « est auteur celui qui commet l'infraction » (≠ Ancien
code : auteur pas défini donc on part du complice pour arriver à l'auteur)
« Est auteur de l'infraction la personne qui :
1° Commet les faits incriminés ;
2° Tente de commettre un crime ou, dans les cas prévus par la loi, un délit. »
·Soin au juge de définir le coauteur
L'auteur principal
Définition auteur principal
·Individu qui commet matériellement & personnellement les actes d'exécution
(différents éléments constitutifs) de
l'infraction (crime, délit ou contravention intentionnels ou non),
Exemples :
personne qui tue personnellement, escroc qui met au point les manœuvres
frauduleuses, etc.
·Conception
objective de l'infraction (ancien et nouveau codes)
·Idem
pour omission à condition que ce soit sur lui que repose l'exécution de cette obligation (même si mission
d'exécution confiée à un tiers – droit des sociétés ou du travail où
obligations mises à la charge des dirigeants),
·Fait
punissable : consommé + tentative (commencement exécution, tentative
manquée) tant que matérialité suffisante,
·Notion d'auteur indirect prévue par législateur en cas de faute d'imprudence
(exemple : automobiliste mal garé et piéton écrasé)
Infractions commises en groupe
·Chambre
criminelle : position tranchée sur « infractions
commises en groupe » : personne
condamnée comme auteur si certain que « participation personnelle »
à la commission d'une infraction (sinon censure juridiction du fond)
·≠ idée de participation/ responsabilité collectives rejetée
osurtout pour infractions intentionnelles (exceptions : responsabilité du fait personnel XXX),
oactes non intentionnelles : notion
« faute commune » avec faute d'imprudence personnelle de chaque
participant parfois retenue (≈ coauteur)
·Art. 450-1
(association de malfaiteurs) : délit autonome et tous sont auteurs même si
stade préparatoire
« Constitue
une association de malfaiteurs tout groupement formé ou entente établie en vue
de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d'un ou
plusieurs crimes ou d'un ou plusieurs délits punis d'au moins cinq ans
d'emprisonnement.
Lorsque
les infractions préparées sont des crimes
ou des délits punis de dix ans
d'emprisonnement, la participation à une association de malfaiteurs est
punie de dix ans d'emprisonnement et de
150 000 euros d'amende.
Lorsque
les infractions préparées sont des délits
punis d'au moins cinq ans
d'emprisonnement, la participation à une association de malfaiteurs est
punie de cinq ans d'emprisonnement et de
75 000 euros d'amende. »
·Art 323-4 : idem pour club de hackers
« La
participation à un groupement formé ou à une entente établie en vue de la
préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d'une ou de
plusieurs des infractions prévues par les articles 323-1 à 323-3-1 est punie
des peines prévues pour l'infraction elle-même ou pour l'infraction la plus
sévèrement réprimée. »
·Loi du 29 juillet
1881 (art. 42): en cas de crime et délits par
voie de presse, sont tous des
auteurs principaux (loi définit directement la qualité des protagonistes
pour éviter les démêlages)
oDirecteurs de publication ou éditeurs,
oA défaut, les auteurs,
oA défaut les imprimeurs jusqu'au vendeur, distributeurs et
afficheurs
Le coauteur
·Celui qui a une véritable participation à l'acte (avoir commis personnellement les
éléments constitutifs de l'infraction ≠ complice : donner l'arme),
·Est responsable
de son fait/action/abstention personnel (indépendamment de la
responsabilité ou non des autres) : autonomie
complète,
·Peine :
indépendance totale aussi (encoure la peine prévue par les textes
avec circonstances atténuantes ou aggravantes),
·Avant NCP : théorie de la « responsabilité corespective » (qualification
de coauteur au lieu de complice pour répression plus sévère (≠
maintenant : complicité réprimée sur base de conditions strictes)
·Contravention : complicité retenue que si « instruction » ou
« provocation »sinon
poursuite possible que comme coauteur
pour aider ou assistance (avant : complicité reconnue par texte
exceptionnelle donc poursuite en tant que coauteur alors que n'était que le complice),
L'auteur moral
·C'est celui qui « fait faire » et
agit en coulisse // celui qui endosse parfois la responsabilité pour autrui
L'instigateur
·L'auteur
moral ou intellectuel « tire les ficelles » et ne se commet pas matériellement,
·Pris sous l'angle de la complicité (par
provocation ou instruction – Art.
121-7) mais est le cerveau, « instigateur » et il faut qu'une
infraction punissable ait été commise
« Est
également complice la personne qui par don, promesse, menace, ordre, abus
d'autorité ou de pouvoir aura provoqué à une infraction ou donné des
instructions pour la commettre. »
·Commission
de réforme du CP : voulait créer
une responsabilité pénale autonome, une nouvelle infraction pour punir les
cerveaux, chefs de bande qui conçoivent les infractions et les font exécuter
par quelqu'un d'autre (même si infraction pas réalisée) mais pas retenu car dangereuse à l'égard des libertés et difficile à
mettre en place
·Sanction parfois via l'association de malfaiteurs (régime assoupli depuis 1981) : 2
individus au moins avec un projet commun criminel
·Peu de dispositions pour celui qui fait
faire : Art. 432-4 : punit
personnes dépositaires de l'ordre public
quand ordonnent arbitrairement un acte
attentatoire de la liberté (arrestation, détention)
« Le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique
ou chargée d'une mission de service public, agissant dans l'exercice ou à
l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou de sa mission, d'ordonner ou
d'accomplir arbitrairement un acte attentatoire à la liberté individuelle est
puni de sept ans d'emprisonnement et de 100 000 euros d'amende.
Lorsque
l'acte attentatoire consiste en une détention ou une rétention d'une durée de
plus de sept jours, la peine est portée à trente ans de réclusion criminelle et
à 450 000 euros d'amende. »
·Incriminations
spécifiques pour auteur moral d'une infraction commise par un autre (réussie ou non) même en dehors de toute infraction :
provocation au suicide (suicide pas infraction), provocation non publique à la
discrimination, à la haine ou violence raciale, provocation à la trahison ou
espionnage (même sans effet). Sont des infractions
autonomes (délinquance jugée inadmissible et dangereux pour l'ordre
social).
·Loi du 4
mars 2002 (art. 221-5) : création
d'une new incrimination autonome punie de 10 ans d'emprisonnement 150 000
euros d'amende : fait d'offrir ou de promettre ou proposer des dons,
présents, avantages quelconques pour commettre un assassinat ou empoisonnement (« mandat criminel ») et comble limitativement un vide
juridique. Ne remet pas en cause le principe d'emprunt de criminalité du
complice.
L'auteur juridique
·Domaine des infractions commises au sein des entreprises (« responsabilité pour autrui »
difficilement transposable en droit pénal car 121-1 CP)
·Distinction
auteur de l'infraction (salarié) et auteur juridique (chef d'entreprise), seul
sanctionné
·Infraction
nécessite la commission d'un fait/acte ou omission,
·Mais l'obtention
d'un résultat n'est pas nécessaire pour être constitutif d'une infraction,
oRéalisation pas toujours complète
oOu menée à son terme
·Il convient de déterminer quel est le degré minimum de réalisation qui permet
de poursuivre et de punir
·2 situations à envisager :
oInfraction
tentée,
oInfraction
« manquée » et infraction « impossible »
L'infraction tentée
Définition de la notion de tentative
·La réalisation d'une infraction suppose 3 éléments réunis pour qu'un individu
soit sanctionné pénalement : élément moral, légal, matériel,
·Droit pénal français : acte matériel nécessaire mais pas toujours
un résultat nuisible, c'est la théorie de la tentative (≠droit civil) mais idée de sanctionner le comportement antisocial, un individu nuisible
(même si ordre social non troublé et infraction non consommé),
·Articles
121-4 et 121-5 :éléments
constitutifs de la tentative non modifiés par rapport à l'ancien code pénal
mais seulement la rédaction (anciennes solutions jurisprudentielles encore
valables)
oCrime : tentative toujours réprimée,
oDélit : tentative réprimée si prévue par la loi (vol,
escroquerie, agression sexuelle, etc. ≠ abus de confiance),
oContravention : tentative jamais
réprimée
·Définition
tentative : un individu commence à réaliser une infraction, mais
qu'il se trouve interrompu dans son action par la survenance d'un événement
extérieur qui l'empêche de mener à terme son entreprise.
·Etude
tentative : segmenter le « chemin du crime » (iter
criminis) c'est-à-dire les différences étapes qui, dans leur chronologie
peuvent aboutir, au final, à la consommation de l'infraction
·Difficulté : déterminer le moment à partir duquel la tentative devient punissable (élément
matériel nécessaire à la réalisation de l'infraction est suffisant pour
justifier l'application d'une peine)
oCritère précis entre « actes préparatoires » et « actes d'exécution » pas aisé,
§Processus de passage à l'acte sont
différents selon le type d'infraction
§Et selon le type de délinquant.
·Eléments
constitutifs (cités mais non définis par législateur):
oCommencement
d'exécution,
oAbsence
de désistement volontaire
Les éléments constitutifs de la tentative
Le commencement d'exécution
·Embryon de l'élément matériel,
·Est affaire d'espèce,
·Sa détermination est soumise au contrôle
cour de cassation,
Chambre criminelle : « correspond
à des actes tendant directement à l'infraction et accomplis avec l'intention de
la commettre » (actes et état d'esprit/volonté irrévocable important)
·Jurisprudence dégage 2 éléments
cumulatifs :
oElément
objectif du commencement de l'exécution (caractéristiques
de l'acte)
§Acte parlant et rapport causal pour révéler
l'intention du délinquant
§Est entré dans phase d'exécution :
comportements en rapport plus ou moins étroits avec l'infraction
(Exemple : hommes en cagoules et armes vers poste aux heures de pointe),
§Mécanismes
criminels différents selon le type d'infraction (appréciation au
cas par cas ≠ modèle unique de commencement)
§Juge
détermine le moment où les événements se précipitent (processus irréversible)
oElément
subjectif du commencement d'exécution (état d'esprit du délinquant)
§Intention,
§élément subjectif a besoin d'un révélateur
(les actes accomplis)
-acte
univoque : acte assez éloquent pour caractériser l'intention
(exemple : entrer dans une voiture et bricoler le système de démarrage),
-acte
équivoque : acte ou faits ne suffisent pas à établir l'intention
(Exemple : mettre des objets dans un sac) : inadvertance, ne pas le
salir, etc. Intention peut résulter ici de l'absence d'explication plausible du
client
-Passé
judiciaire : est parfois pris en compte même si est arbitraire
pour établir la tentative = simple acte préparatoire pour un délinquant
primaire mais acte d'exécution pour un multirécidiviste.
Le désistement volontaire
·Art.
121-5 : « La tentative est constituée dès lors que,
manifestée par un commencement d'exécution, elle n'a été suspendue ou n'a
manqué son effet qu'en raison de circonstances indépendantes de la volonté de
son auteur. » : si
circonstances voulues par lui, pas de poursuite
·Quelques mots sur une notion proche :
le repentir actif
Le repentir actif
·Consiste à réparer après consommation de l'infraction le mal causé à la
victime ou effacer les conséquences (restitution objet volé par exemple),
·Sans
effet sur la responsabilité pénale de l'agent mais appréciation du
comportement fondé sur le regret ou le remord pour amoindrir la sanction (≠
impunité),
·≠ Désistement
volontaire conduit à l'impunité : jeter à l'eau puis repêcher par
exemple (commencement d'exécution puis arrêt volontaire)
Les cas de désistement volontaire
·Si désistement involontaire (obstacles
matériels), tentative constituée (Exemples : résistance de la victime,
intervention de la police ou un tiers, etc.)
·≠ si désistement volontaire, libre :
pris de remords, pitié pour victime ou incapable d'agir car peur, il n'y aura
pas de tentative.
·Appréciation des faits par le juge de fond
La sanction de la tentative
·Ancien code, assimilée à une infraction
consommée,
·Article 121-4 (changement rédaction mais
même sanction):
« Est auteur de l'infraction la personne qui :
1° Commet les faits incriminés ;
2° Tente de commettre un crime ou, dans les cas prévus par
la loi, un délit. »
·Sanction identique
à l'auteur d'une infraction consommée même sans dommage (« dangerosité de
l'individu » réprimée)
·Tribunaux ont tendance à être moins sévère
(circonstance de l'affaire et délinquant primaire ou multirécidiviste)
L'infraction manquée et impossible
·Question se pose pour infractions matérielles (≠ formelle) car recherche de résultats
·Est-ce que les agissements d'un individu « qui a tout mis en œuvre pour arriver à ses fins » vont faire
l'objet de poursuites si résultat pas
atteint car a manqué son coup
(exemple : ne sait pas viser) ou
parce que le résultat était impossible
(exemple : personne déjà morte) ?
L'infraction manquée
·Due à maladresse, incompétence du
délinquant ou toute autre raison indépendante de sa volonté
·Punissable
comme le serait l'auteur de l'infraction car même dangerosité (actes d'exécution
réalisés),
·Absence de résultats mais conditions
matérielles réunies.
·Même
punition que l'infraction tentée (art. 121-5 : « La tentative est
constituée dès lors que, manifestée par un commencement d'exécution, elle n'a
été suspendue ou n'a manqué son effet qu'en raison de circonstances
indépendantes de la volonté de son auteur. »)
L'infraction impossible
·Absence
de résultat car ne peut pas être
matériellement atteint (inexistence de l'objet de l'infraction -
Exemple : revolver pas chargé),
·Anciennes doctrines : impunité de
l'agent si délit impossible car trouble de l'ordre public nul ou moindre. Puis
distinction entre « impossibilité absolue » (impunité) ou
« impossibilité relative » (responsabilité relative),
·Raisonnement jurisprudence actuelle : dangerosité identiqueet assimile à infraction tentée ou manquée
(intention patente prise en compte) ≠ absence non équivoque de l'intention de
tuer (pistolet à eau)
Conclusion
·Sauf désistement volontaire, les
infractions tentées ou manquées entraînent toutes la responsabilité pénale (dangerosité
identique donc même sanction théorique)
·Mais appréciation si délinquant primaire ou
multirécidiviste
·Définition de l'infraction : « tout acte ou omission interdit(e) par la
loi sous forme d'une sanction » ou par règlement pour les
contraventions (infraction cependant pas définie dans code pénale),
·3èmeélément constitutif pour constituer une infraction (2 autres :
élément légal et moral) : est lié au délinquant lui même,
·Le droit pénal incrimine un écart de conduite visible (≠ exceptions
si simple intention, résolution)
·mais dont le résultat est indifférent pour qu'une infraction soit constituée ( ici
ou en conclusion ?)
La nécessité d'un acte matériel
Définition
·Extériorisation
de l'infraction : fait/omission révélateur de l'intention dolosive ou de la faute pénale,
·Différentes
classifications de cette matérialité (Aspects et modes de réalisation
différents de l'infraction. Classifications élaborées par la doctrine),
oAssez
nombreuses et basées sur modes
de réalisation,
oArticulation
autour du « facteur temps »
oDélit
ici = infraction (sens large)
Les classifications de l'élément matériel
Les infractions non basées sur le facteur temps
·Les infractions d'action ou omission
oSupposent
un « acte positif » (intentionnel ou pas),
oPlus
rarement, une
« abstention » (si prévue expressément par la loi alors
abstention vaut action)peut être constitutive d'une infraction et
engager la responsabilité pénale (exemple : délit de non assistance à
personne en danger),
Exemple : délaissement d'une personne vulnérable et ayant entraîné
la mort ou délaissement de mineur de 15 ans),
o« Délit
de commission par omission » non retenu par notre droit pénal mais seulement
délit de non assistance à personne en danger
·Les infractions matérielles et infractions
formelles
oEst basée sur le critère de l'existence d'un résultat
oInfraction
matérielle suppose l'existence d'un dommage réalisé (sans soustraction frauduleuse de la chose
d'autrui, il n'y a pas vol ; sans la mort d'une personne, il n'y a pas
meurtre par exemple),
oInfraction
formelle constituée en dehors de tout dommage, se trouve consommée
par la simple commission d'un acte positif (obtention du résultat escompté pas
nécessaire), Exemples : contrefaçon de billets de banque, crime
d'empoisonnement,
oIntérêt : tentative
difficile à établir car ces infractions formelles se trouvent consommées ou
réalisées avant même que le résultat n'ait été atteint,
oInfraction-obstacle : proche des
infractions formelles, sont des « comportements jugés
dangereux »ne produisant pas en
eux-mêmes des faits dommageables mais en précédant souvent la réalisation
(exemples : port d'armes, menaces, association de malfaiteurs, etc.)
Les infractions basées sur le facteur temps
·Les infractions instantanées ou continues
oInfraction
instantanée : celle qui se réalise d'un seul trait de temps, même
si l'acte en question peut prendre un certain temps pour s'accomplir
(exemples : vol, meurtre)
oInfraction
continue ou successive: se réalise sur un certaines période temps
(exemple : receleur)
oIntérêts :
§Point
de départ de la prescription : moment précis pour infraction
instantanée (ex.vol) ≠ cessation de l'état d'infraction pour infraction
continue / successive,
§Application
de la peine dans le temps : règle de non rétroactivité de la loi la
plus sévère non applicable pour infraction continue si infraction continue
après la nouvelle loi
·Les infractions d'occasion et les
infractions d'habitudes
oInfractions
d'occasion:ne suppose qu'une seul infraction
ou abstention
oInfractions
d'habitude : suppose réalisation de plusieurs faits identiques.
C'est cette répétition qui constitue l'infraction : si un seul acte
commis, pas d'infraction consommée et pas de poursuite envers l'auteur (Ex.
exercice illégal de la médecine)
·Les infractions simples ou complexes
oInfraction
simple : élément matériel ne comporte qu'un seul acte (comme
infraction d'occasion)
oInfraction
complexe : réalisation du plusieurs faits distincts. Se distingue de
l'infraction d'habitude en ce que les actes accomplis ici ne sont pas
semblables (Ex. délit d'escroquerie : 2 étapes avec accomplissement de
manœuvres frauduleuses de la part de l'escroc puis de la remise de la chose par
la victime grâce à ses manœuvres
oPoint
de départ de la prescription :
§Infraction
complexe (idem habitude) : celui du dernier acte constitutif de
l'infraction
§Infraction
simple (idem d'occasion) : moment où s'est réalisé le fait unique
·Les infractions flagrantes ou non
flagrantes
oInfraction
flagrante : en cours de réalisation, en train de se commettre,
oInfraction
non flagrante : infraction déjà commise il y a un certain temps,
éléments constitutifs déjà réalisés
oIntérêts : procédure pénale
Conclusion
·Variété des éléments matériels
(acte/omission) d'une infraction,
·Pour qu'une infraction soit constituée,
l'obtention d'un résultat n'est pas nécessaire (tentative)
·Définition de l'infraction : « tout acte ou omission interdit(e) par la
loi sous forme d'une sanction » ou par règlement pour les
contraventions (infraction cependant pas définie dans code pénale),
·3èmeélément constitutif pour constituer une infraction (2 autres :
élément légal et matériel) : est lié au délinquant lui même,
·Cette approche classique des 3 éléments
remise en cause par certains auteurs surtout pour élément moral (introduction
élément injuste ou concepts de liberté/intelligence),
·Sur le fond, contenu est le même
·Elément moral (ou psychologique) va se
présenter sous différentes formes : infractions
intentionnelles / infractions non intentionnelles (art. 121-3 C. pénal)
« Il
n'y a point de crime ou de délit sans
intention de le commettre.
Toutefois,
lorsque la loi le prévoit, il y a délit en cas de mise en danger délibérée de la personne d'autrui.
Il
y a également délit, lorsque la loi le prévoit, en cas de faute d'imprudence, de négligence ou de manquement à une obligation de
prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, s'il est établi
que l'auteur des faits n'a pas accompli les diligences normales compte tenu, le
cas échéant, de la nature de ses missions ou de ses fonctions, de ses
compétences ainsi que du pouvoir et des moyens dont il disposait.
Dans
le cas prévu par l'alinéa qui précède, les personnes physiques qui n'ont pas
causé directement le dommage, mais qui ont créé ou contribué à créer la
situation qui a permis la réalisation du dommage ou qui n'ont pas pris les
mesures permettant de l'éviter, sont responsables pénalement s'il est établi
qu'elles ont, soit violé de façon manifestement délibérée une obligation
particulière de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, soit
commis une faute caractérisée et qui exposait autrui à un risque d'une
particulière gravité qu'elles ne pouvaient ignorer.
Il
n'y a point de contravention en cas de force majeure. »
L'élément moral
·Si
faute (élément moral acte/omission, état d'esprit de l'auteur au
moment des faits) alors prononcé d'une
peine prévue par la loi,
·« Intention »
est le pivot de cet élément moral : volonté
d'accomplir / abstenir un acte avec la conscience qu'il est défendu/ordonné par
la loi pénale,
·≠ mobiles, motifs : indifférents au
stade de la constitution de l'infraction (≠ stade jugement/poursuite)
Les fautes intentionnelles
Le dol : élément moral des infractions intentionnelles
·Dol = intention requis pour infraction les
plus graves (« Il n'y a point de
crime ou de délit sans intention de le commettre » Art. 121-3).
·Dol : volonté d'accomplir un acte défendu par la
loi,
·Volonté
tendue vers un but : Recherche résultat répréhensible
(« volontairement, « sciemment », « frauduleusement, etc.)
·Peut être prouvé par tous moyens,
·A formes
et degrés différents
Formes et degrés de l'intention criminelle
·Dol
général et le dol spécial :
oDol
général : volonté consciente
de violer la loi
oDol
spécial (exigé parfois en plus par législateur) : but particulier de l'intention (nuire,
troubler ordre public, donner la mort par exemple
=> Volonté consciente, par cet acte illicite, de causer un préjudice
particulier à la victime (exemple : diffamation requiert volonté de nuire
à l'honneur/considération)
oDol
spécial doit être établi par l'accusation dès qu'il
s'intègre dans la définition de l'incrimination
oDol
aggravé : certains mobiles
peuvent être pris en compte par législateur, qui aggravent la sanction
§racisme,
§terrorisme,
§préméditation : meurtre se transforme
en assassinat mais ne conduit pas toujours à un changement de qualification
mais à une circonstance aggravante. (prévue que pour atteinte volontaire à la vie
ou intégrité physique),
oDol
atténué : conduit le plus souvent à atténuation de la peine (mineur)
·Dol
déterminé / Dol indéterminé
oRepose sur intensité du résultat (≠ volonté)
oDol
déterminé : volonté de commettre telle infraction pour tel
résultat sur telle personne,
oDol
indéterminé : volonté de faire mal peu importe gravité, personne
(nature des événements indéterminée)
§Indétermination de résultat :
peine proportionnelle de la gravité
du préjudice assume toutes les conséquences)
§Indétermination
sur identité de personne : loi assimile
à dol déterminé car intention dolosive présente
·Dol
praeterintentionnel
oVolonté dolosive exprimée dans but précis mais manqué (indétermination sur gravité de résultats)
oExemple : coups et blessures ayant
entraînés la mort sans intention de la donner (15 ans de réclusion ≠ 30 ans
pour meurtre ≠3 ans et 45 000 euros amende pour coups et blessures
volontaires)
·Dol
éventuel
oRésultat dommageable survient sans volonté
de préjudice : risque (exemple : doubler en haut d'une côté),
oEntre « faute d'imprudence » et
« intention dolosive » : est assimilé à un dol général ?
degré intermédiaire
§Expression « dol éventuel » pas
repris dans NCP mais « mise en
danger délibérée d'autrui » (art.121-3 al.2)
Les fautes non intentionnelles
La faute pénale : élément moral des infractions non intentionnelles
·Sont de loin les plus nombreuses,
·Elément
moral = Faute pénale ici (≠ dol)
·Pas
de crime non intentionnel mais concerne les délits et contraventions commis sans intention délibérée de nuire
·Précisions
du législateur des modalités de cette faute non intentionnelle pour ne
pas déresponsabiliser et éviter une pénalisationexcessive
oNCP de 1992,
oLoi 13 mai 1996 : responsabilité
pénale pour des faits d'imprudence ou négligence,
o10 juillet 2000 : précision de la
définition des délits non intentionnels
·Distinction faute imprudence et faute de
mise en danger délibérée d'autrui
oExemples : domaine médical, sécurité
routière, droit du travail, environnement, éducation, santé publique, etc.
·Organisation particulière de la faute
pénale contraventionnelle
Formes et degrés de la faute pénale
·La faute
d'imprudence
oFaute
d'imprudence simple
§Causalité
directe : personne mise en cause à l'origine directe du
dommage subi (exemple : médecin donne un médicament contre indiqué),
§Personne n'a pas conscience qu'elle commet une infraction
·Conduite
contraire à celle qu'adopterait « une personne normalement prudente et
disciplinée »
·Manifeste
une indifférence aux règles de la vie en société
·Se
caractérise par une maladresse, négligence, imprévoyance, inattention, inobservation
prescription légale ou règlement intérieur, etc.
·C'est
ce dommage qui est révélateur de la faute
§Appréciation
in concreto par les tribunaux (loi de 1996)
·Il
doit être établi que les « diligences normales » n'ont pas été
accomplies par l'auteur du comportement au regard « de sa mission, de ses
fonctions, de sa compétence, de ses pouvoirs, ou des moyens dont il
dispose ».
§Doit être établie par le ministère public
§Sanction
dépend de la gravité du dommage dans les limites prévues par le texte de
l'incrimination
oFaute
d'imprudence qualifiée
§Causalité
indirecte : lorsque la personne mise en cause est à l'origine
indirecte du dommage subi en ce qu'elle « crée ou contribue à créer la
situation dommageable ou qu'elle n'a pas pris les mesures permettant de l'éviter »,
le législateur va exiger une « faute qualifiée »
·Pression des « décideurs publics et
privés » (maire, directeur d'école, médecin, chef d'entreprise, etc.)
·Loi
du 10 juillet 2000 limite leur pénalisation
·Faute
qualifiée prend 2 formes : faute
caractérisée ou délibérée
§Faute
caractériséed'imprudence:
faute présentant un caractère bien
marqué, une faute évidente, inexcusable « exposant autrui à un risque
d'une particulière gravité et qu'elle ne pouvait ignorer » (art. 121-3
al.4 CP)
·Exemple :
preuve par le juge d'un rapport de dangerosité d'une salle présentée au maire
§Faute
délibérée d'imprudence: l'auteur a commis « une violation
manifestement délibérée d'une obligation particulière de prudence ou de
sécurité prévue par la loi ou le règlement » : domaine de la faute de
mise en danger délibérée d'autrui introduite dans le NCP
§Appréciation « in concreto » de la faute caractérisée ou délibérée
§Exigence de la faute délibérée ou
caractérisée en cas de causalité indirecte ne concernent que les personnes physiques (≠ personnes
morales : simple faute d'imprudence suffit que la causalité soit directe
ou indirecte : pas de « limitation de pénalisation »)
·La
faute de mise en danger d'autrui
oArt. 121-3 : souci de renforcer la
sanction de certaines fautes non intentionnelles très proches de la faute
dolosive (sécurité routière)
oCirconstance aggravante, sanction renforcée
(5 ans d'emprisonnement et 375 000 euros d'amende)
oVolonté manifeste de violer une obligation
de sécurité ou de prudence de façon délibérée
§Obligation imposée par loi ou règlement
§Doit être précise (≠ générale)
§Doit être précisée par le juge
oFaute de mise en danger délibérée d'autrui
à distinguer du délit de mise en danger d'autrui (infraction autonome qui peut
être poursuivie en absence de tout dommage art. 223-1 CP)
·La
faute contraventionnelle
oFait de violer une prescription pénale
(façon volontaire, de bonne foi, par négligence)
oEst punie avec ou sans résultat
dommageable,
oN'a pas à être prouvée par
l'accusation : présomption simple qui ne peut être combattue par la preuve
de la bonne foi
§Art. 121-3 al.5 CP: « Il n'y a
point de contravention en cas de force majeure. » (pas de responsabilité
si démence)
§Elément moral existe même si faible
oIl existe des contraventions supposant une
faute intentionnelle (violences volontaires art. R625-1 CP) ou d'imprudence
(mort ou blessures volontaires sur un animal R653-1 CP)
oAlinéas 3 et 4 de l'article 121-3 CP sont
applicables aux contraventions : faute caractérisée ou délibérée à prouver
« Dans
le cas prévu par l'alinéa qui précède, les personnes physiques qui n'ont pas
causé directement le dommage, mais qui ont créé ou contribué à créer la
situation qui a permis la réalisation du dommage ou qui n'ont pas pris les
mesures permettant de l'éviter, sont responsables pénalement s'il est établi
qu'elles ont, soit violé de façon manifestement délibérée une obligation
particulière de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, soit
commis une faute caractérisée et qui exposait autrui à un risque d'une
particulière gravité qu'elles ne pouvaient ignorer.
Il
n'y a point de contravention en cas de force majeure. »
Conclusion
oPlus grande pénalisation des personnes
morales en cas de faute d'imprudence
·Définition de l'infraction : « tout acte ou omission interdit(e) par la
loi sous forme d'une sanction » ou par règlement pour les
contraventions (infraction cependant pas définie dans code pénale),
·1er
élément constitutif pour constituer une infraction (2 autres : élément
moral et matériel tenant au délinquant lui-même) : est un des piliers du
système répressif français,
·Pas
de crime, pas de peine sans loi (article 111-2 et 111-3 du CP),
·Cet élément légal repose
sur :
oPrincipe de légalité,
oL'interprétation de la loi par
juge (corollaire),
oL'application de la loi dans le
temps (ici ou en conclusion ?)
Le principe de légalité
Définition du principe
§Articles
111-2 et 111-3 du CP (alors que référence indirecte dans précédents
codes) :
oArticle 111-3 du CP :
« Nul ne peut
être puni pour un crime ou pour un délit dont les éléments ne sont pas
définis par la loi, ou pour une contravention
dont les éléments ne sont pas définis par le règlement.
Nul ne peut être puni d'une peine
qui n'est pas prévue par la loi, si l'infraction est un crime ou un délit, ou
par le règlement, si l'infraction est une contravention. »
oArticle 111-2 du CP :
« La loi détermine les crimes et délits et fixe les peines applicables à leurs
auteurs.
Le règlement détermine les contraventions et fixe, dans les
limites et selon les distinctions établies par la loi, les peines applicables
aux contrevenants. »
§Fait /
abstention = infractionque
si loi le prévoit,
§Idem
pour peines,
§Adage « nullum crimen, nulla poena sine lege »
§Principe fondamental pour sauvegarde des « libertés
individuelles » et défense société face à l'« arbitraire » du
pouvoir politique et l'autorité judiciaire,
Légalité des incriminations
§Incrimination = Description d'un acte/omission punissable dans un texte :
disposition légale ou règlementaire le prévoit et donne éléments constitutifs,
§Exemples : vol, incitation à haine
raciale, délit d'initié sont punissables (sanctions par le juge) ≠
homosexualité, refus de vente entre commerçants (pas de poursuite et sanction
par le juge),
§Idem
pour comportements contraires à usage/coutumes voire à la loi pénale : si pas description suffisamment précise du
comportement et peine, pas de punition par le juge,
Les organes compétents
§Incriminations résultent que des autorités étatiques compétentes (≠
organisations ou particuliers),
§Articles
34 et 37 de Constitution de 1958 : délimitation des compétences entre
Législatif / Parlement (crimes et délits) et Exécutif / Gouvernement
(contraventions) = Art. 111-2 du
CP ≠ avant : seule la loi.
§Crimes
et délits : Lois ici = lois
ordinaires, référendaires et ordonnances,
§Contraventions assorties
d'une sanction: « Décret pris
en Conseil d'Etat » (≠ arrêtés ou décrets simples mais leur violation
= contravention de 1ère classe – Art. R 610-5),
§Dualité
de sources de droit pénal :
oavec infériorité
de norme réglementaire // loi
orenforcée par « appréciation de la légalité des actes administratifs par juge pénal »
(Art. 111-5 du CP) quand de cet
examen dépend la solution du procès pénal,
§critique de la part du justiciable
possible,
§juge pénal peut ne pas appliquer si
considère que l'acte est « illégal » ou « contraire à
Constitution » = pas de peine (≠ annuler car contraire à séparation des
pouvoirs),
§complété par le pouvoir du juge pénal à
interprétation actes administratifs, règlementaires et actes individuels
§« Contrôle
de conventionalité » de la loi au regard de la CESDH possible (art. 55 de Constitution sur supériorité
des Traités)
§« Contrôle
de Constitutionnalité » (art.
61-1 de Constitution) possible lors
d'une instance en cours devant une juridiction (administrative ou
judiciaire) sur renvoi du Conseil d'Etat
ou de la Cour de cassation (filtres) et si loi inconstitutionnelle, sera
abrogée dès publication décision Conseil Constitutionnel (modalités à venir en
2009).
Les contraintes rédactionnelles
§Rédaction de « façon claire » des incriminations par autorité
compétente
oSauvegarde
du principe de légalité,
oExclusion
du risque d'arbitraire,
oDoit permettre la connaissance exacte de
« la nature et les causes de l'accusation » portée contre prévenu.
§Juge pénal doit sanctionner sur base d'une
incrimination rédigée avec précision (≠ juge civil) mais rédacteurs peut
utiliser des formules générales, éléments constitutifs généraux de l'infraction
(« dignité », « exhibition sexuelle », « par
tout moyen ») que juge interprétera
La légalité des peines
§Pas
de peines ou mesures de sureté sans texte qui prévoit,
oIndividuel : protection contre arbitraire pouvoir politique et judiciaire,
oGénéral : peine prévue renseigne sur degré de gravité attachée
à cette infraction par société
§Fixation
précise de la peine par loi ou règlement (Art. 111-3 > 2nd
alinéa),
§Catalogue
varié des peines (art. 131-1 à 131-49) : possibilité pour entité
créatrice d'avoir n peines pour une même infraction,
§Peine
précisée par « chacun » des comportements incriminés (≠ avant :
procédé de fixation de peine « par référence »)
§Juge
tenu par peines attachées à infraction
oDans limites prévues par loi,
oDans respect de la loi dans le temps,
§Administration
pénitentiaire n'exécute que les peines prononcées par le tribunal (sauf
modifications des conditions d'exécution dans sens favorable uniquement)
L'interprétation de la loi pénale
Principe d'interprétation stricte de la loi
§Art.
111-4 : interprétation stricte de la loi (≠ juge civil,
créateur de loi)
§A
l'origine, est une simple règle
jurisprudentielle ≠ principe légal maintenant,
§Selon Conseil
constitutionnel, prolongement
naturel du principe de légalité,
§Plusieurs méthodes possibles :
oInterprétation
littérale : prise en compte de la lettre (≠ esprit), sorte de
lecture exégétique,
oInterprétation
téléologique : recherche de l'esprit de la loi, intention de son
auteur,
oInterprétation
analogique : appliquer un texte à une hypothèse voisine.
ðDroit positif français : « interprétation stricte » mais pas
restrictive (méthode téléologique teintée d'un peu d'analogie légale) sauf pour lois d'amnistie par exemple.
§Rôle du Juge :
oRespecter
le texte,
oInterpréter les termes,
expressions, silences et éclaircir
les lois obscures ou douteuses (doute
doit profiter à l'accusé),
oAdapter
le texte parfois ancien ou vieillot à la délinquance d'aujourd'hui (vol
d'électricité dans incrimination de vol ; fraude parcmètre = incrimination
d'escroquerie, etc. ≠ cour de cassation se refuse à assimiler fœtus à une
personne humaine donc pas de condamnation pour homicide involontaire sur la
personne d'autrui),
oDoivent « coller » à la
loi : si répressives, juge répressif, si loi libérale, juge libéral
(interprétation « in favorem »)
L'interprétation et appréciation des actes administratifs par le juge pénal
§Art.
111-5 du CP (≠ règle prétorienne avant) : contrôle du pouvoir
exécutif
«
Les juridictions pénales sont compétentes pour interpréter les actes
administratifs, réglementaires ou individuels et pour en apprécier la légalité
lorsque, de cet examen, dépend la solution du procès pénal qui leur est soumis. »
§Juge peut apprécier
validité :
oActe réglementaire
unilatéral
(décret, arrêté, ordonnance non ratifiée),
oOu acte individuel (arrêté d'expulsion, refus du maire
d'autoriser une réunion publique dans sa commune, etc.)
§Exception d'illégalitésoulevée par les parties elles-mêmes (avant examen au fond de
l'affaire) ou d'office par le juge
oJuge va apprécier si l'acte contraire à
§Principe constitutionnel,
§A une loi,
§A une liberté publique,
§A un règlement supérieur,
§Voire à un principe de la CESDH,
oQue texte assez
clair, préciset que acte a bien été
porté à la connaissance de l'intéressé,
oS'assurer de la compétence
de l'autorité qui a pris le texte réglementaire et du respect de la procédure (avis, consultation d'une commission par
exemple)
§Contrôle possible que si
l'issue du procès en dépend et qu'il s'agit d'une vraie instance pénale (car juge naturel pour
apprécier la validité d'un acte réglementaire ou individuel est en principe la
juridiction administrative sur la base d'un recours en excès de pouvoir).
§Effets limités de cette exception
d'illégalité :
oinvalidation pour l'instance en cause (pas d'annulation de
l'acte),
odivergence possible dans l'appréciation de l'acte entre
différents tribunaux (rôle d'unification de la cour de cassation)
Conclusion
·Principe de légalité est renforcé par l'article
61-1 de la Constitution qui permet au cours d'un procès à un juge ou un particulier
de soulever une inconstitutionnalité d'une loi (via Conseil d'Etat ou cour de
cassation),
·Au-delà de l'élément légal, l'infraction
est également constituée d'un élément matériel et pénal.
·Les infractions /
incriminations peuvent être définie comme: « tout acte ou omission interdit(e) par la loi sous forme d'une sanction »
ou par règlement pour les contraventions (infraction cependant pas définie dans
code pénale),
·Tout fait illicite doit être
formellement interdit par la loi (principe
de légalité de l'infraction) pour qu'il soit qualifié d'infraction pénale
(Art. 111-3 du CP),
·Pour classifier les infractions, la loi se
base sur le degré de gravité de
l'infraction (division tripartite :
crime, délit, contraventions = article 111-1 du nouveau code pénal de
1992),
·La doctrine,
quant à elle, propose 2 autres classifications fondées sur
ola nature
(distinction entre « infraction de droit commun »
oet
les autres infractions) ou le mode de réalisation de l'infraction.
La classification fondée sur la gravité de l'infraction
La tripartition des infractions
·Division tripartite (crime, délit, contravention) établie par législateur depuis le 2nd code pénal de 1810,
·critique : proposition
de division bipartite (infraction
intentionnelle / non intentionnelle) mais pas retenue,
·On
part de la peine applicable pour classer l'infraction (ancien code pénal
et actuel : nature de la peine ou quantum) au lieu de préciser la
catégorie d'infraction pour chacune des incriminations prévue par la loi ou un
règlement
Article 1er ancien code pénal : « L'infraction que la loi punit de peines de
police est une contravention, l'infraction que la loi punit de peines
correctionnelles est un délit, l'infraction que la loi punit de peines
afflictives et infamantes est un crime »
Article 111-1 nouveau code pénal : « Les infractions pénales sont classées suivent leur gravité, en crime,
délit et contravention »
Exemples : si le texte prévoit une peine de réclusion = crime ;
si peine emprisonnement ou amende > 3 750 euros = délit ; si
amende entre 38 et 1 500 euros = contravention
Intérêts de cette tripartition
·Cette
répartition (contravention, délit, crime) suit l'ordre judiciaire (tribunal de police, tribunal correctionnel,
cour d'assises)
·Cette
répartition présente différents
intérêts
onotamment en matière procédurale (prescription de l'action publique, ouverture
d'une information, détention provisoire, etc.),
oAu regard des éléments constitutifs de l'infraction (complicité, tentative par
exemple),
oEn matière de sanction (surtout la récidive, cumul d'infractions, sursis,
prescription de la peine), le régime
sera différent
Les infractions basées sur la nature de l'infraction
·Doctrine : distinction entre infractions
de droit commun et autres infractions,
·Régime
différent pour les autres infractions surtout au regard de la répression et des règles de procédure
(intérêt)
·Les infractions politiques :
oAtteinte
à l'ordre public et social d'un pays (institutions politiques, sûreté
intérieure ou extérieure de l'Etat),
oPas
de critère de distinction du législateur avec infraction de
droit commun (infractions de droit commun avec un « mobile
politique » pas retenues),
oInfractions
politiques = celles prévues comme telles par législateur (livre IV du CP
« Crimes et délits contre la Nation, l'Etat et la paix
publique ») : conception
objective au détriment d'une conception subjective retenue ici
·Les infractions militaires :
oViolation
de la discipline militaire (abandon de poste, refus obéissance,
désertion, etc.),
oPrévues
par code de justice militaire et accomplies seulement par des militaires,
oCertaines
peines spécifiquement militaires (perte de grade, destitution)
oQuestion
des infractions de droit commun des militaires (nature des « infractions
mixtes ») ?
§Traditionnellement, Tribunaux permanents des Forces armées mais suppression par loi du 21 juillet 1982,
§Temps de paix : juridictions de droit commun spécialisées en matière militaires
pour juger infractions militaires et
mixtes.
§Temps de guerre : Tribunaux permanents des Forces armées
·Les infractions terroristes :
oLoi
du 9 septembre 1986 (réaction multiplication attentats terroristes en
France : liste d'infractions
susceptibles d'être qualifiées comme infractions
terroristes,
oInfractions qui « ont pour but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation,
la terreur » sont qualifiées de terroristes,
oSoumises à répression renforcée, règles
de compétences et procédures différentes,
oExemples : séquestration, détention de
machines, engins meurtriers ou explosifs, fabrication/détention/stockage armes
biologiques visées aux articles 421-1 et suivants
·Les infractions d'affaires :
oInfractions
fiscales, douanières, économiques et financières,
oObjet d'une attention particulière du législateur depuis quelques années :
§Règles particulières au niveau répression ou procédure.
·Les infractions de presse :
oLoi 29 juillet 1881 : liberté de la
presse (modifiée mais toujours en vigueur),
oRégime
dérogatoire pour protéger :
§« liberté
d'expression »,
§Citoyens
et ordre public de certains de ses excès,
oCouvre domaine plus large que presse : journaux, livre, radio, TV, etc et
tous modes de publicité,
oInfractions : injure, diffamation,
incitation à commettre certaines infractions (discrimination raciale,
enlèvement d'enfant, inciter à faire mettre le feu, etc.
oRégime
juridique différent au regard de :
§personnes considérées comme responsable,
§prescription.
·Nouvelles catégories d'infractions
oRègles procédurales différentes
essentiellement,
oInfractions sexuelles (loi 17 juillet 1998
et 9 mars 2004),
oInfractions sanitaires (4 mars 2002),
oInfractions commises en bandes organisées
(9 mars 2004)
Les classifications basées sur le mode de réalisation
·Doctrine :
nombreuses et permettent comprendre
mécanisme de l'acte délictueux constitutif de l'infraction,
·Souvent basées sur oppositions entre elles :
oDélits d'action/omission,
oInfractions matérielles/formelles,
oInstantanées/successives,
oD'habitude/d'occasion,
oFlagrantes/non flagrantes
Conclusion
Malgré différences, toutes infractions ont
les mêmes dénominateurs communs : présence/réunion de plusieurs éléments constitutifs : élément légal, moral et matériel.
·Règles
pénales peuvent parfois entrer en
conflit entre elles surtout quand n textes s'appliquent aux mêmes faits,
·Entrée en vigueur d'une nouvelle loi
soulève la question des conditions de
substitution à la loi antérieure = champ d'application de la loi nouvelle
ou droit transitoire,
·Droit
positif, principe que nouvelle loi n'est pas de nature à
bouleverser les situations juridiques antérieures à son entrée en vigueur, principe de non rétroactivité de la loi,
oDoit
prévenir avant de punir un délinquant,
oPrincipe
né de Révolution (Art. 8 DDHC),
oArt.
4 ancien code pénal (amalgamé avec principe de légalité)
oArt.
112-1 à 112-4 : principe mieux organisé et plus précis,
oValeur
constitutionnelle
oArt.
7 CESDH
·Existe des exceptions à ce principe
Le principe : non rétroactivité de la loi pénale nouvelle
Les lois pénales plus sévères
·Art.
112- 1 alinéas 1 et 2 : application de la loi en vigueur au
jour de la commission de l'infraction si nouvelle loi plus sévère
« Sont
seuls punissables les faits constitutifs d'une infraction à la date à laquelle
ils ont été commis.
Peuvent
seules être prononcées les peines légalement applicables à la même date. ».
·Exemples de lois nouvelles plus sévères :
oCréation nouvelle incrimination (exemples :
responsabilité pénale personne morale depuis nouveau CP, fraude informatique
depuis 1988),
oLoi qui élève les peines applicables ou crée une nouvelle
peine,
oLoi qui élargit les éléments constitutifs de l'infraction
(escroquerie pour services également et pas seulement sur les biens depuis
nouveau CP),
oLoi qui supprime une cause d'exonération de responsabilité
ou excuse atténuante (excuse de provocation depuis nouveau CP),
oLoi qui rend plus sévère les modalités d'application de la
peine prononcée (loi sur période de sûreté de 1978)
La mise en œuvre de la règle
·Connaissance de 2 dates pour non
application d'une loi plus sévère :
La date d'entrée en vigueur du texte
·Art.
1 C. civ. avec ordonnance
du 20 février 2004: lois entrent en
vigueur à la date qu'elle fixe (décret de promulgation) ou si pas de mention
expresse, le lendemain de publication au JO.
« Les
lois et, lorsqu'ils sont publiés au Journal officiel de la République
française, les actes administratifs entrent en vigueur à la date qu'ils fixent
ou, à défaut, le lendemain de leur publication. Toutefois, l'entrée en vigueur
de celles de leurs dispositions dont l'exécution nécessite des mesures
d'application est reportée à la date d'entrée en vigueur de ces mesures.
En
cas d'urgence, entrent en vigueur dès leur publication les lois dont le décret
de promulgation le prescrit et les actes administratifs pour lesquels le
Gouvernement l'ordonne par une disposition spéciale.
Les
dispositions du présent article ne sont pas applicables aux actes individuels. »
·Possibilité d'entrée
en vigueur immédiate si loi ou décret généralement justifiée par urgence.
La date de commission de l'infraction
·Si « infraction instantanée » (vol, homicide), pas de problème pour
déterminer date,
·Actes antérieurement commis pourront être
pris en compte dans loi nouvelle : date déterminée à partir des derniers
actes ou phases (≠ principe de non rétroactivité) :
o« infraction
continue » (se prolonge dans le temps comme séquestration, non
présentation d'enfants),
o« infractions
complexes » (mécanisme en plusieurs phases comme escroquerie)
·Cas
très rares où législateur rétroagit une loi plus sévère (« atteinte
aux principes généraux du droit reconnus par les nations civilisées » pour
lois ressortissant au droit international).
L'exception : la rétroactivité de la loi nouvelle
Les lois de fond
La rétroactivité « in mitius »
·Garantie
des libertés individuelles, principe humaniste,
·Application
immédiate des dispositions moins sévères édictées par législateur,
·Art.
112-1 alinéa 3 du CP :
« Toutefois,
les dispositions nouvelles s'appliquent aux infractions commises avant leur
entrée en vigueur et n'ayant pas donné lieu à une condamnation passée en force
de chose jugée lorsqu'elles sont moins sévères que les dispositions anciennes. »
·Principe
constitutionnel depuis 1981
·Exemples de dispositions plus douces :
oSuppression
incrimination
(fin adultère en 1975),
oChange qualification
légale de l'infraction (crime devient délit, délit devient contravention),
oCréation nouvelle
cause de non responsabilité (état de nécessité et erreur de droit dans CP),
oAdoucit ou suppression
de peine
(abolition peine de mort en 1981 et peine d'emprisonnement pour contravention
en 1993),
oSuppression de peines
complémentaires ou accessoires automatiques (interdiction légale et
bannissement abrogés dans CP),
oEtend les pouvoirs du
juge avec nouveaux cas de sursis ou peines de substitution par exemple
·Pas toujours aisé de
déterminer si loi plus douceou pas et
critère de divisibilité car peut avoir les 2 aspects
oSi loi divisible,
application séparée des dispositions,
oSi indivisible, juge
décide : « application
en bloc » ou dégager tendance dominante ou « application distributive »
(tri entre mesures favorables ou non)
·Conditions
d'applications de la rétroactivité « in mitius » :
oFaits antérieurs à
promulgation du texte légal,
oPas de jugement
définitif du délinquant (voie de recours ouverte) : application normale et immédiate
de la nouvelle loi ≠ si jugement
définitif et peine en cours : que « mesure
de grâce »ou cessation
automatique de l'exécution d'une peine quand
fait n'a plus le caractère d'une infraction pénale du fait d'une nouvelle
loi (art. 112-4 alinéa 2 du CP)
oPas de rétroactivité
in mitius pour textes réglementaires pris pour lois en matière économique,
douanière ou fiscales (caractère conjoncturel et temporaire des dispositions)
Les lois interprétatives et déclaratives
·Application immédiate car viennent préciser le sens d'une
loi antérieure (pour 1ères) et constatent une loi existantes (pour 2èmes),
Les lois instaurant des « mesures de sûreté »
·Généralement plus
favorables aux délinquants (mesures éducatives, traitements médicaux),
·Sont en principe rétroactives,
·Application immédiate
si améliorent le sort du condamné
Les lois de forme
·Application
immédiate car meilleures que précédentes,
·Impossibilité
pratique de garder en parallèle différents modes d'organisation
Les lois d'organisation judiciaire et de compétence
·Application
immédiate sauf si jugement intervenu au fond en 1ère instance
Les lois de procédure
·Lois relatives essentiellement au déroulement du procès,
·Application
immédiate en principe sauf si
droit acquis au profit du délinquant
Lois relatives à la prescription de l'action publique et prescription des
peines
·Application
immédiate quand prescriptions pas acquises.
Conclusion
·Nombreuses exceptions au principe
de non rétroactivité de la loi
l'acte
unique européen en 1986 sous l'impulsion de Jacques Delors président de la
commission européenne. Il est décidé de programmer 279 mesures
d'harmonisation afin de parvenir en décembre 92 au plus tard à la
suppression des frontières, à la libre circulation des hommes, des
capitaux, des biens et des services. L'espace financier européen sera
achevé en juillet 1990. Le marché unique est effectif le 1er janvier 1993.
le
traité de Maastricht en février 92. Les chefs d'État et de gouvernement
signent un nouveau traité instituant l'union européenne. Il renforce le
plan Delors en y ajoutant un calendrier précis et un engagement
irréversible pour réaliser l'union économique et monétaire, caractérisée
par la convergence des politiques économiques et par l'instauration de la
monnaie unique. Une fois réalisée l'unification économique avec le grand
marché unique en janvier 93, il est prévu deux phases avant d'aboutir à la
monnaie unique.
II – LES TROIS PHASES
A
/ 1993 : le grand marché unique est réalisé.
-Une fois réalisée
l'unification économique avec le grand marché unique en janvier 93, il est
prévu deux phases avant d'aboutir à la monnaie unique.
B
/ La période 1993-1999 : la
préparation à la monnaie unique
-L'institut monétaire
européen doit préparer l'installation de la future banque centrale européenne,
il surveille la convergence des politiques économiques et il est chargé
d'établir la liste des pays qualifiés à participer à la monnaie unique au
regard des cinq critères de convergence (taux d'inflation, déficit budgétaire,
endettement public, taux d'intérêt, taux de change).
-En 1995 et chefs d'État et
de gouvernement décident de créer une unité monétaire commune l'euro qui remplacera
l'écu.
C
/ 1999 – 2002 : La mise en place de l'euro
-Le 1er janvier 99, le
système euro entre en fonction.
-Pour les pays habilités à
adopter la monnaie unique, le taux de change entre les monnaies et vis-à-vis de
l'euro sont fixés irrévocablement : l'euro est coté sur les marchés des
changes mais la monnaie officielle est encore une monnaie de compte.
-La banque centrale
européenne décide désormais de la politique monétaire européenne.
-Le 1er janvier 2002, l'euro devient une
monnaie manuelle, un moyen de paiement effectif qui circule dans l'économie des
monnaies nationales seront supprimés au plus tard en juillet 2002.
-La création d'une monnaie
unique européenne est une démarche historique sans précédent car l'unification
monétaire a toujours été postérieure à l'unification politique.
-Le principal avantage de la
monnaie unique est la suppression de la spéculation entre les monnaies
européennes.
-Le coup le plus élevé est la
suppression pour l'état de la possibilité d'intervenir par la politique monétaire.
-Il ne reste que la politique
budgétaire mais elle est très encadrée car il lui est interdit d'augmenter la
dette publique au-delà d'un certain seuil.
-Tous ces choix sont
révélateurs de l'inspiration libérale de l'union économique et monétaire
LSes accords de Brême en 1978 fixent les grandes lignes du
SME qui entrera en vigueur eu mars 1979 : c'estun système complet dont les ambitions sont de
créer une zone de stabilité des taux de change pour approfondir l'union
économique et préparer l'union monétaire.
I – LES PRINCIPALES CARACTERISTIQUES
-C'est un système fondé sur
un étalon monétaire « l'écu »monnaie de compte qui est le symbole de l'union monétaire. L'écu est un
panier de monnaies,il est défini comme
le solde des diverses monnaies européennes participantes, pondérées par des
coefficients représentatifs de l'importance relative de chaque économie.
-C'est ainsi que naît l'écu
privé qui est une monnaie de règlement international et un système de change
stable : des marges de fluctuation des monnaies de plus ou moins de 2,25 %
par rapport au cours pivot sont tolérées.
-C'est un système qui
organise la solidarité entre les états membres par le biais d'un dispositif du
crédit entre les banques centrales. Trois mécanismes de crédit sont
proposés :
1.Un financement à très court terme (à 45 jours) prévoit l'ouverture par
chaque banque centrale des facilités de crédit illimité aux autres banques
centrales.
2.Un soutien monétaire à court terme d'une durée maximale de neuf mois
permet une mobilisation entre banques centrales d'un montant maximal de 14
milliards d'écus.
3.Un concours financiers à moyen terme consiste en crédit de deux à cinq
ans pour un montant maximal de 11 milliards d'écus.
Cette assistance financière est assurée par le
FECOM qui sera remplacé en 1994 par l'institut monétaire européen.
II – LE FONCTIONNEMENT
-Les changes fixes ajustables
entre 1978 et 1987 : De nombreuses dévaluations et réévaluations appelées
réalignement monétaires sont opérées. Les réajustements sont décidés d'un
commun accord au sein du système monétaire européen. On ne peut parler de
change fixe au sens propre mais le SME fonctionne tant bien que mal sans crise
majeure.
-Les changes fixes rigides
entre 1987 et 1992 : les accords de Nyborg en septembre 87 renforcent le rôle de l'écu comme instrument de
règlement entre les banques centrales et rendent plus systématique les
interventions des banques centrales pour aider les monnaies en difficulté. ils
ouvrent ainsi une période de véritable stabilité. Jusqu'en 1992 le SME ne
connaîtra aucun réajustement monétaire, la Pesetadel'État espagnol entre dans le SME en 89 et la livre sterling en 90.
III
– LA CRISE DU SME
– 1992/1993
A
/ La première crise de spéculation en septembre 1992
-Elle commence en septembre
92 et culmine l'été 93.
-La rigidité des taux de
change s'accompagne de taux d'inflation divergents et notamment nettement plus
élevés en Grande-Bretagne, en Italie et en Espagne qu'en Allemagne et en
France. Lorsque la réunification allemande en octobre 90 amène tous les pays
européens à pratiquer une politique monétaire restrictive avec des taux
d'intérêt élevés, les déséquilibres s'approfondissent.
-Cette première crise
monétaire se résout le 17
septembre 92 par la sortie du Royaume-Uni et de l'Italie du SME et
par la dévaluation de 5 % de la
Peseta. Le franc a réussi à maintenir sa parité vis-à-vis du
mark parce que la banque centrale allemande a convaincu les marchés des changes
de sa détermination à soutenir sans limite la Banque de France.
B
/ La deuxième crise spéculative en novembre 1992
-Les marchés sont convaincus
que la France sera contrainte pour relancer son économie de réduire ses taux
d'intérêt et donc de renoncer à la parité du franc vis-à-vis du mark, autrement
dit de renoncer à la politique du franc fort.
-Pourtant, le soutien
inconditionnel apporté par la banque centrale allemande à la Banque de France,
qui en outre augmente fortement ses taux d'intérêt, réussi à enrayer la
spéculation en janvier 93.
C
/ Les attaques spéculatives de juillet 1993
-Toutefois dès l'été 93, les
attaques reprennent contre les monnaies faibles européennes mais aussi et
surtout contre le franc et toujours pour les mêmes raisons, à savoir la
politique du franc fort qui impose des taux d'intérêt trop élevés au regard de
l'importance du chômage.
-L'importance de la
spéculation fut telle que la banque de France perdit toutes ses réserves pour
défendre le franc, tout en s'endettant auprès de la banque centrale allemande.
Les autres banques centrales européennes contraintes de défendre leur monnaie
se retrouvèrent dans la même situation.
-Il appartenait aux ministres
des finances des 12, réunis le lendemain 1er août, de trouver une solution sous
peine de disparition du système monétaire européen.
-Ce fut très difficile mais
un accord finit par se dégager : les marges de fluctuation étaient
élargies à plus ou -15 %.
-Elle préserve le système monétaire européen.
Dans l'immédiat la dépréciation du franc par rapport au mark fut extrêmement modeste,
parce que la spéculation a été rendue plus difficile et parce que le franc
n'était plus intrinsèquement surévalué par rapport au mark.
IV –
LA STABILITE DU SME
-Le système monétaire
européen fonctionne correctement sans crise. En théorie c'est une zone optimale
explicite. En réalité, c'est une zone de stabilité des taux de change à
l'intérieur d'une bande de fluctuations assez étroites.
-Sa disparition programmée
intervient en 99, quand le système monétaire européen est remplacée par la
monnaie unique, il fonctionnera encore comme un SME bis pour les monnaies
européennes qui n'ont pas intégrées l'euro-système.
En dehors des controverses liées aux
conséquences négatives pour la croissance économique française, on peut estimer
que le système monétaire européen a réussi sa mission essentielle de parvenir à
stabiliser les cours des monnaies européennes, dans le but de préparer l'étape
ultérieure de l'unification européenne avec la monnaie unique européenne.
-Après les accords de Washington en décembre 1971 qui
élargissent les marge de fluctuation des taux de change, les pays européens
réagissent en décidant de stabilisé les taux de change de monnaie européenne
entre elle.
-Les accords de Bâle sont signés en avril 1972 par les 6 pays
de la CEE et la GB. Mais
la GB y renoncera dès le 23 juin, en raison d'une grave crise des paiements
extérieursqui la contraint à laisser
flotter la livre.
-Ils se traduisent par ce qui fut appelé « le serpent
dans le tunnel ».D'une part, les
monnaies communautaires était arrimées les unes aux autres car les écarts entre
les taux de change ne devaient dépasser en tout 2,25 %. Cela constituait le
serpent monétaire européen dont la largeur est égale à 2,25 points. D'autre
part, elles ne devaient pas ensemble s'écarter de + ou – 2,25% par rapport au
dollar. Ces 2 marges de fluctuation constituaient le tunnel dont la largeur est
égale à 4,5 points. Le serpent monétaire européen devait s'efforcer de rester
dans le tunnel.
-Les monnaies communautaires maintenaient entre elles des
marges de fluctuation limitées et flottaient ensemble vis-à-vis du
dollar ; les banques centrales intervenaient pour maintenir le serpent
monétaire européen, pour que ce serpent se maintienne dans le tunnel.
II – 1973 : LA SORTIE DU TUNNEL
-En 1973, quand la CEE décide de ne plus soutenir le dollar,
on dit que le serpent monétaire européen sort du tunnel.
-Cela devient ainsi une zone de parité fixe entre monnaie
européennes dans un contexte de flottement généralisé.
-La solidarité communautaire s'affirme encore avec la
création du FECOM (Fond Européen de Coopération Monétaire).
-Pourtant la fragilité du serpent monétaire se manifeste très
vite : la livre l'avait quitté dès juin 1972, la lire italien sort en
janvier 1973, le francs le quitte en 1974 et le réintègre en juillet 1975, et
sort définitivement en mars 1976.
-Le serpent monétaire devient à partir de 1976 une
« zone mark » constituée des monnaies communautaire les plus
fortes : le mark, le florin hollandais, la couronne danoise, le franc
belgo-luxembourgeois.
-Cette coopération monétaire qui n'était qu'un accord de
change est donc un échec
Il est officialisé par les accords de Kingston
à la Jamaïque en janvier 1976.
Chaque
État a toute liberté pour choisir son régime de change, ce qui est une
manière d'autoriser les changes flottants.
L'or
est démonétisé. Toute référence à l'or est interdite et le FMI décide de
vendre une partie de son stock d'or et d'en restituer une partie aux
banques centrales des pays membres au prorata de leurs quotas.
Les
DTS (droits de tirages spéciaux) créés en 1968 sont augmentées. Cette
monnaies internationales pourrait devenir l'instrument principal des
réserves mondiales d'échanges en remplacement de l'or et du $.
I – LES PRINCIPALES CARACTERISTIQUES DU
NOUVEAU SMI
Les principales caractéristiques du système
monétaire international sans étalon sont les suivantes.
-Ce n'est
plus un système explicatif de la création de monnaie, car il n'y a plus de
liens institutionnels entre l'émission de monnaie nationale et la situation des
paiements courants extérieurs.
-C'est
toujours une organisation des paiements internationaux. Le taux de change des
monnaies se dégage spontanément sur le marché des changes.
-Il est
supposé posséder un mécanisme d'autorégulation, qui a l'avantage d'être neutre
sur l'activité nationale.
II – LE FONCTIONNEMENT DU SMI
A
/ La prériode 1973-1980
-Le dollar est très abondant
car les taux d'intérêt américain sont faibles et les déséquilibres extérieurs
américains continuent de se creuser. La valeur du dollar est faible (5,50 f en 1973,3,80f
en 1980.
-Cette faiblesse du dollar
entraîne pour les Etats-Unis
1.une exportation du chômage américain parce que les exportations
américaines stimulent la production et l'emploi, parce que les importations de
capitaux étrangers sont créateurs d'emplois.
2.Une baisse de la présence américaine dans le monde en raison du repli
des investissements américains à l'étranger.
-Une autre conséquence de la
faiblesse du dollar se situe au niveau international.
1.Comme le dollar reste la seule monnaie internationale, la baisse du
dollar amène à reconsidérer tout le système des prix mondiaux exprimés en
dollars.
2.Ainsi le prix du pétrole fera l'objet de deux fortes hausses en 73 et
79 avec comme conséquence :
3.l'accélération du taux d'inflation mondiale qui est à la fin des
années 70 dépassera les deux chiffres.
B
/ La période 1980-1985
-Le dollar connaît cinq
années de hausse ininterrompue, soit plus 180 % entre le minima de mai 1980 à 3,80 F et le maximum de
février 85à 13,80 F.
-Le nouveau président de la
réserve fédérale Paul Volcker décide en octobre 79 d'appliquer les principes de
la théorie monétariste qui consiste à :
1.restreindre la création de monnaie centrale, à une quantité fixée
2.laisser les taux d'intérêt se former librement sur le marché
interbancaire en fonction de l'offre et de la demande de monnaie centrale.
-La conséquence est l'envol
des taux d'intérêt américain le taux de base bancaire passe de 10,5% en 79 à
21,5 % en 1980.
-Cela induit une entrée
massive de capitaux venant du monde entier, qui augmente la demande du dollar
et donc son prix relatif.
-Cette politique monétaire
s'est traduit par une très forte récession aux États-Unis en 80-82 qui fait
doubler le chômage de six à 12 millions de personnes.
C
/ La période 1985-2005
-En 1985, les Etats-Unis
décident d'abandonner la politique du dollar fort pour des raisons commerciales
-Le retour à la coopération
internationale se manifeste par les accords du plazza à New York en septembre
85. Le groupe des cinq, le G5, (Etats-Unis, japon, Allemagne, France,
Royaume-Uni) décide de faire baisser le dollar par une action convergente sur
le marché des changes et de lutter contre le protectionnisme.
-La chute du dollar est
spectaculaire et il perd 40 % en 15 mois.
-C'est désormais
l'effondrement du dollar qui inquiète.
-Le groupe des six, le G5
plus le Canada, signe les accords du Louvre à paris en février 87.
1.Il est convenu de promouvoir la stabilité des taux de change autour
des niveaux actuels.
2.Il est également décidé de définir des zones cible qui sont des bandes
assez larges à l'intérieur desquelles les monnaies peuvent fluctuer mais dont
les limites sont tenues secrètes pour éviter la spéculation. Ainsi
s'achève le flottement sauvage de monnaie.
-Depuis, les zones cibles
semblent respectées.
-Le système des changes
flottants n'est plus un système pur mais un système administré, surveillé.
-L'importance actuelle des
déficits extérieurs américains fait redoubler une crise très grave du dollar si
les pays d'Asie et notamment la Chine décidaient de vendre leurs dollars.
-La question est celle de la
pénurie de liquidité internationale.
-La balance courante
américaine est fortement excédentaire, le plan marshall et l'aide militaire
américaine sont les seuls moyens pour l'Europe d'obtenir des dollars.
II – LES ANNEES 50
-L'excédent de la balance
courante américaine tend à s'amenuiser car l'Europe est redevenu compétitive et
exportatrice.
-La balance globale
américaine est devenue déficitaire en raison de l'aide américaine liée à la
guerre froide et des investissements directs des entreprises américaines en
Europe.
-L'abondance de dollars à
l'extérieur des États-Unis n'entame pas la confiance des banques centrales
parce que le stock d'or américaine reste important, parce que les banques
centrales à constituer des réserves de change.
III – LA FIN DES ANNEES 50
-C'est à ce moment là que se
produisit la première crise de défiance vis-à-vis du dollar quand il apparaît
que les engagements extérieurs des Etats-Unis, mesurés par la quantité de
dollars à l'extérieur, dépassent désormais la quantité d'or détenue par la
réserve fédérale américaine.
-La convertibilité or du
dollar n'est plus garantie.
IV – LES ANNEES 60
-La balance courante
américaine reste excédentaire la balance globale continue d'être déficitaire.
-L'effritement progressif de la confiance dans
le dollar se traduit par des attaques récurrentes contre le dollar, jugé
surévalué, et par une spéculation sur le marché de l'or considéré comme
sous-évalué. À chaque crise, le dollar se déprécie.
-Comme les États-Unis
refusent toute idée d'une dévaluation, la position du dollar est de plus en
plus contestée et certaines banques centrales choisissent alors de convertir
leurs balances dollar en or ce qui contribue à réduire davantage encore le
stock d'or américain.
-En 1961, les États-Unis
proposent la formation d'un pool de l'or où les banques centrales des
principaux pays développés s'engagent à intervenir sur le marché de l'or afin
de défendre la parité et 35 $ l'once d'or.
-En 1963 et 64, les
États-Unis prennent diverses mesures pour tenter de limiter les fuites de
capitaux mais sans que cela n'entame la pression à la réévaluation de l'or.
-En 1968, après une nouvelle
crise spéculative, le pool de l'or se disloque et on instaure un double marché
de l'or : le marché officiel entre banques centrales sur lequel la banque
centrale américaine garantit la parité des 35 $ l'once d'or, le marché libre
pour les besoins de l'industrie où le prix de l'or varie en fonction de l'offre
et la demande.
V – L'ANNEE 1971
-La balance commerciale
américaine pour la première fois depuis la fin du XIXe siècle devient
déficitaire.
-Devant la spéculation
effrénée entre le dollar et en faveur du mark, la banque centrale allemande la
plus active pour défendre le dollar se lasse d'acheter des dollars et décide en
mai 71 de laisser flotter temporairement le mark allemand.
-La spéculation ne s'arrête
pas. La décision du 15
août 1971 prise par le président Nixon de suspendre la
convertibilité du dollar en or marque officiellement l'effondrement du SMI de
l'étalon de change or, né des accords de Bretton-Woods.
-Les accords de Washington du
18 décembre 1971
entérinent une dévaluation du dollar de 7,9 % et une réévaluation du mark
allemand et du yen japonais.
-Ils prévoient le retour aux
parités fixe mais avec un élargissement des marges de fluctuations à plus ou
moins 2,25 %.
VI – L'ANNEE 1973
-En février 73 les États-Unis
sont contraints à une seconde dévaluation de 10 %, la spéculation continue car
cette dévaluation est jugée insuffisante.
-En mars 1973, les Européens
décident de ne plus respecter les accords de Washington, de ne plus soutenir le
dollar.
-La plupart des monnaies
européennes deviennent flottantes, le dollar fluctuent librement à la baisse. Le SMI de
Bretton-Woods s'est totalement effondré.
Les
alliés se réunissent aux États-Unis à Bretton-Woods pour poser les bases
d'un nouveau système monétaire international et éviter le retour d'une
guerre des monnaies.
Ils
discutent de deux projets celui de l'américain White et du Britannique
Keynes :
-Ils ont en commun la
création d'un système de changes fixes mais qui n'imposerait pas la déflation
aux pays déficitaires.
-Il convenait pour cela de
créer une organisation internationale qui serait chargée d'accorder des prêts
aux pays temporairement et conjoncturellement déficitaires et d'autoriser des
dévaluations justifiées par des déficits structurels.
Les
accords de Bretton-Woods :
-consacrent la suprématie
politique économique et financière américaine
-imposant le dollar comme référence du système
monétaire international. En 1945 New York remplace Londres comme centre
financier du monde.
Le
nouveau SMI repose sur deux principes :
-Premièrement, le taux de
change officiel de chaque monnaie est défini soit par rapport à l'or soit par
rapport à une monnaie convertible en or.
-Deuxièmement, les taux de
change sont fixes mais ajustables.
II – LES PRINCIPALES CARACTERISTIQUES
Le fonds monétaire international, le FMI, est
créé pour veiller au bon fonctionnement de ce système. Les principales
caractéristiques du système de l'étalon de change or sont les suivantes :
Chaque
État fixe sa parité soit en or soit dans une monnaie convertible en or.
L'émission
de monnaie centrale interne est en théorie fondée sur l'or et sur les
monnaies de réserve convertible en or et qui inspire confiance. Le dollar
s'imposera rapidement en réalité.
C'est
un système de changes fixes mais ajustables. Les déficits extérieurs se
règlent en or ou en devises convertibles en or. Chaque État doit maintenir
fixe sa parité avec une marge de fluctuation tolérée depuis au moins 1 %.
La banque centrale américaine doit défendre la parité du dollar vis-à-vis
de l'or, les autres banques centrales doivent défendre la parité de leur
monnaie vis-à-vis du dollar.
La
régulation du système appartient aux banques centrales le biais des
réserves de change. Si le déficit extérieur s'approfondit, la banque
centrale risque de perdre la totalité de ses réserves de change et de ne
plus avoir les moyens d'intervenir pour garantir la parité de sa monnaie.
Le
système de l'étalon de change or est aussi appelé système de l'étalon
dollar parce qu'il donne à la monnaie américaine un statut particulier qui
confère aux États-Unis un pouvoir régalien exorbitant. D'où trois
conséquences :
-Les Etats-Unis font ce
qu'ils veulent,
-Ce système apparaît
fondamentalement contradictoire car il ne fonctionne qu'à la seule condition
que le pays émetteur de cette monnaie internationale ne respecte pas la règle
d'équilibre extérieur.
-Ce système est enfin soumis
à la volonté discrétionnaire des Etats-Unis en fonction de leur politique
intérieure : dollar fort quand la priorité financière, dollar faible quand
la priorité est commerciale, dollar abondant quand la priorité est la
croissance et l'emploi.
Le SMI né de Bretton-Woods a bien fonctionné
aussi longtemps que la domination américaine sur l'économie mondiale était
incontestée. La supériorité américaine rendait sa balance commerciale
structurellement excédentaire dans un monde assoiffé de dollars.
-C'est un système explicatif
de l'émission de la monnaie centrale interne. La création de monnaie centrale
est contrainte par le stock d'or détenues par les banques centrales ; la
relation est stricte ou proportionnelle. Cette monnaie est définie par son
poids d'or, elle est librement convertible en or.
-C'est un système de
paiements internationaux, en théorie et l'or est l'unique monnaie
internationale, en fait la livre sterling constitue la principale monnaie de
règlement des créances internationales, du fait de la puissance commerciale et
financière de l'Angleterre.
-C'est un système qui assure
son autorégulation. En théorie et conformément à la théorie quantitative de la
monnaie, le déséquilibre extérieur est automatiquement rétabli.
-Ce système a apporté la
stabilité des taux de change, laquelle a permis de financer la croissance du
commerce mondial et les mouvements de capitaux. Il a apporté la stabilité des
prix mais moyennant des périodes de déflation où prix et salaires baissaient.
-Une des limites du système
de l'étalon-or était que l'alimentation en liquidités internationales dépendait
du hasard de la découverte des mines d'or. On reconnaît néanmoins que la
solidité du système reposait autant sinon plus sur la puissance hégémonique de
l'Angleterre et l'efficacité de son système bancaire, plutôt que sur le stock
d'or présenté comme garant de l'émission monétaire.
II –
LE DESORDRE MONETAIRE DE L'ENTRE DEUX-GUERRES
-Pour financer la première
guerre mondiale, les états belligérants ont créé énormément de monnaie, dont
ils leur étaient impossible d'assurer la convertibilité en or. Ils décrètent le
cours forcé de la monnaie nationale qui est l'obligation d'accepter une monnaie
non convertible en or.
-La conférence de gênes en
1922, destinée à la reconstruction économique de l'Europe, cherche à établir un
nouveau système monétaire international. Il est recommandé aux banques
centrales de détenir l'inverse réserve de change à côté de l'or des devises
clés convertibles en or et en particulier la livre sterling et les dollars
américains.
-Pourtant, à l'ambition de
chaque pays est de revenir au système de l'étalon or. Keynes dénonçait en 1923
les dangers d'un retour à ce qu'il appelait « une relique barbare »
qui sacrifierait la croissance économique et l'emploi. Néanmoins l'Angleterre
revient en mai 1925 à la parité or d'avant 1914. Les conséquences seront
catastrophiques la surévaluation de la livre entraîne un processus de déflation
qui casse l'économie britannique.
-La crise de 1929 précipite
l'effondrement du système monétaire international. En septembre 31,l'abandon de l'étalon or par l'Angleterre et
la dévaluation de la livre de 30 % entraîne une guerre des monnaies, par le
biais des dévaluations et de hausse du taux d'intérêt, et une guerre des
barrières tarifaires pour réduire les déficits extérieurs.
-L'échec de la conférence
monétaire de Londres en juin 33 marque la fin des tentatives de coopération
internationale, l'extension des dévaluations compétitives et le renforcement
des barrières compétitives. Il en résultera une contraction des échanges
internationaux, qui accentuera les difficultés nées de la crise de 29,
favorisera l'autarcie et l'égoïsme des nations, lesquelles conduisirent à la
seconde guerre mondiale. On peut donc constater que l'abandon de la contrainte
de l'or et l'absence d'un autre étalon ont conduit à la stabilité du système
monétaire international
Les trois facteurs explicatifs du taux de
change :
-La balance des transactions
courantes et en particulier le solde de la balance commerciale. Un excédent
extérieur contribue à faire monter le taux de change de cette monnaie. Un
déficit extérieur contribue à faire baisser le taux de change de la monnaie
nationale.
-Le développement des
mouvements des capitaux internationaux, notamment à court terme. Les sommes en
jeu sont considérables et les déplacements sont rapides et l'objectif est de
réaliser une profitabilité maximale.
-Enfin la spéculation sur les variations des
taux de change peut entraîner des modifications importantes des taux de change
et aggraver à la hausse ou à la baisse des crises monétaires.
I – LE REGIME
DE CHANGES FIXES
1.Chaque
monnaiea un taux de change officiel
appelé parité, définie par rapport à un étalon qui peut être l'or,une devise ou encore un panier de devise.
2.Le taux de change peut fluctuer entre d'étroites
limites, par exemple : + ou
– 1% autour de la parité fixée. La dévaluation est une réduction de la
parité,soit une baisse du taux de
change officiel. À l'inverse, la réévaluation est une hausse de la parité, ou
du taux de change officiel qui doit freiner les exportations et stimuler les
importations.
3.Il existe un mécanisme
régulateur qui permet d'absorber les déséquilibres en maintenant le taux de
change à sa parité.
4.Le régime de changes fixes
possède trois avantages :
-Il stimule le commerce
international dans la mesure où les exportateurs et les importateurs ont besoin
de connaître le coût de l'opération de change.
-Il contraint à la modération
en matière de politique monétaire car une création de monnaie excessive risque
de faire baisser le taux de change de cette monnaie.
-Il requiert une certaine
coopération entre les pays ayant fait le choix de ce régime.
5.Il possède deux
inconvénients :
-Il est difficile de
pratiquer des politiques internes monétaires et budgétaires car celles-ci
impliquent des modifications de l'offre et de la demande de monnaie qui sont
susceptibles d'agir sur la parité officielle.
-Il est facile de spéculer
contre une monnaie car par exemple une attaque suffisamment forte conduit tôt
ou tard à une dévaluation.
II – LE REGIME DES CHANGES FLOTTANTS
-Il n'y a pas de parité
officielle. Le taux de change est déterminé par l'offre et la demande ; la
variation du taux de change permet d'équilibre, c'est-à-dire l'égalité entre
offres et demandes.
-Ce régime de changes
flottants est dit « pur » quand la banque centrale n'intervient pas,
il est dit « impur » ou « administré » quand la banque
centrale intervient sur le marché des changes pour réguler les variations du
taux de change ou pour contrer la spéculation.
-On invoque trois davantage
pour défendre ce régime :
1.La possibilité
de pratiquer des politiques monétaires ou budgétaires autonomes, puisque les
effets sur la variation du taux de change ne sont pas interdits ou prohibés.
2.La
difficulté à spéculer puisque le taux de change fluctue librement
3.L'existence
d'un stabilisateur automatique puisque la dépréciation ou l'appréciation de la
monnaie amène obligatoirement à l'équilibre.
-Il y a néanmoins trois
inconvénients :
1.Ce régime
est défavorable aux échanges internationaux dans la mesure où exportateurs et
importateurs sont contraints d'assumer le risque de change dans toutes leurs
opérations.
2.Il n'impose
aucune discipline en matière de création monétaire
3.Il n'exige
aucune coordination entre les diverses autorités monétaires.
III – LE TRIANGLE DES INCOMPATIBILITES
-Deux économistes américains MUNDELL et FLEMMING ont complété le
modèle IS – LM en y intégrant l'équilibre
extérieur.
-Thomaso
PADOA – SCHIOPPA en a déduit un triangle d'incompatibilité. Si l'on admet que la
politique macro-économique s'assigne trois objectifs principaux symbolisés par
les trois angles du triangle (l'autonomie de la politique monétaire, la libre
circulation des capitaux internationaux, la fixité du taux de change), on
démontre qu'on ne peut jamais satisfaire que deux de ses objectifs à l'exception
du troisième.
Conclusion sur un constat historique :
-le régime de changes fixes a
perduré depuis le 18e siècle jusqu'en 1971.
-Les crises de change liées à
une forte dégradation extérieure amènent le doute quant au maintien de la
parité et se résolvent par une dévaluation.
-Le choix du régime de
changes flottants à partir de 1973 était supposé empêcher les crises de change
puisque les mécanismes de marché impliquaient la flexibilité des taux de
change.
-Pourtant, le processus de
globalisation financière amène des mouvements de capitaux internationaux, qui
en cas de crise économique et financière nationale, s'accompagne de ventes
massives de la monnaie nationale.
-C'est pourquoi le marché des
changes est devenu le lieu privilégié où se manifestent de manière
spectaculaire les crises financières.
I – LE PREMIER CHOC PETROLIER DE
1973 ET LES EXCEDENTS DE L'OPEP
-La très forte hausse du prix du pétrole en octobre décembre 1973 a simultanément accru
les capacités de financement des pays exportateurs et les besoins de
financement des pays importateurs.
§Il en est résulté une hausse du taux d'épargne mondiale.
§Or elle a été massivement placé auprès du système bancaire
international, lequel l'a prêté aux pays à besoin de financement et en particulier
aux pays en développement.
§Les pays de l'OPEP sont ainsi devenus indirectement des
créanciers spontanés pour le reste du monde en finançant 80 % des déficits
extérieurs mondiaux.
-Le recyclage des pétrodollars permet une double
régulation :
§Une régulation financière puisque les pays excédentaires
obtiennent de bons placements financiers et les pays déficitaires des crédits
§Une régulation économique car les pays en développement
pouvaient acheter des biens de consommation et d'investissement aux pays
développés qui pouvaient continuer de produire et de vendre.
II – LE SECOND CHOC PETROLIER DE
1979 ET LA CRISE DE
1982
-Le niveau de la demande de pétrole diminue à partir de 1979
et jusqu'en 1983, en raison d'une baisse des besoins énergétiques des pays
développés et des pays en développement, laquelle résulte de deux
facteurs : la récession mondiale de 1980-1982
et la politique menée pour développer les énergies alternatives au pétrole.
-La structure de l'offre de pétrole se modifie. L'offre de
l'OPEP recule relativement à celle des autres pays producteurs.
-La baisse des volumes exportés et la baisse des prix
entraînent une réduction des excédents de l'OPEP.
-Cette réduction des excédents de l'OPEP coïncide avec une
hausse des déficits extérieurs des pays en développement. Ceux-ci subissent
simultanément une compression de leurs exportations de marchandises, en raison
de la récession mondiale, et une montée de la charge de leurs dettes auprès des
banques, en raison de la hausse des taux d'intérêt liée à la politique
monétaire américaine restrictive.
-En août 1982,
l'annonce officielle que le Mexique est en cessation de
paiement révèle au monde l'ampleur de l'endettement des pays en développement
et le risque d'effondrement du système financier international.
-Les flux financiers internationaux disponibles ne viennent
plus des pays de l'OPEP mais des pays développés.
III – LA DECENNIE 80
A /La crise de la dette des pays en développement
-Elle se noue dans les années 70 dans un contexte d'abondance
de dollars à recycler après les chocs pétroliers et des tensions
inflationnistes qui incitent emprunteurs et prêteurs à exagérer les
perspectives de profit.
-La crise s'aggrave au début des années 80 en raison de la
hausse des taux d'intérêt aux États-Unis en 1981 et de la hausse corrélative du
dollar, mais aussi de la récession mondiale de 80-82. Les perspectives du
remboursement des dettes sont de plus en plus compromises.
-La gestion de ces crises contraints à une coopération
financière internationale car cette crise est une menace pour la totalité du
système financier.On distinguera trois phases :
§En réaction à la crise mexicaine de 1982, la priorité est
donnée au rééchelonnement de la dette.
§Le plan Baker de 1985 défend une stratégie de long terme
fondée sur des réformes de structures. L'endettement, et donc l'octroi de
nouveaux crédits, doivent être poursuivis sous réserve de la mise en place de
programmes d'ajustement structurel afin d'obtenir, je cite, « une
croissance économique soutenue, seule capable de réduire l'endettement.
§Le plan Brady de 1989 défend encore des programmes
d'ajustement structurel mais il réclameaussi une contraction de la dette et il pose le principe d'une
contribution importante du FMI et de la banque mondiale à la réduction de cette
dette.
-Le résultat de la gestion de cette crise est paradoxal
puisque les transferts de capitaux à destination des pays en développement sont
devenus négatifs.
B / Le développement des marchés
internationaux de capitaux dans les PD
-Déplacement des lieux de formation de l'épargne mondiale. A
partir de 1981, les PD retrouvent leur rôle traditionnel de prêteurs.
-Sauf les USA qui ont un déficit chronique.
-Le japon devient le premier prêteur du monde.
IV – LA DECENNIE 90 ET LES CRISES
FINANCIERES
-Entre 90 et 93, les transferts nets de ressources
financières vers les pays en développement redeviennent positif.
-La crise financière mexicaine de décembre 1994 interrompt
brutalement ces flux financiers et amène une première grave crise de confiance.
-La crise financière des économies émergentes d'Asie
(Thaïlande, Malaisie, Indonésie et Philippines) commencent à l'été 1997. Elle
est liée aux parités fixes existantes entre les quatre monnaies asiatiques et
les dollars dont l'objectif est de maintenir la compétitivité de leurs produits
exportés. L'afflux massif de capitaux dans ces économies émergentes s'est
traduit par une spéculation immobilière et boursière qui a provoqué de
l'inflation et une dégradation des balances commerciales.
-D'autres crises financières suivront : crise russe en
98, crise brésilienne en 99 et l'Argentine en 2001. Ces crises financières sont
d'une manière ou d'une autre liées à des crises monétaires sur le marché des
changes, elles-mêmes liées à des déficits extérieurs.
-Elles se régleront par une coopération financière
internationale et en particulier par l'intermédiaire du FMI, qui apparaît
désormais comme le sauveur du système financier international.
V – LA SITUATION NOUVELLE
DEPUIS LE DEBUT DES ANNEES 2000
A
/ L'accroissement des déséquilibres des transactions courantes.
-Les excédents extérieurs allemands et japonais s'expliquent
de manière logique par la faiblesse de leur croissance économique, qui va de
pair avec de fortes exportations de biens et de services, parce que leurs
consommations et leurs investissements intérieurs sont trop faibles, parce que
leur épargne est trop forte.
-Ce qui est nouveau, ce sont les excédents énormes des pays
émergents d'Asie, et notamment la Chine, et des pays exportateurs de pétroles
qui ont bénéficié de l'envolée du prix du pétrole entre 1999 et 2006.
-Ce qui n'est pas nouveau et s'aggrave, c'est l'énorme
déficit extérieur des Etats-Unis. Le déficit courant américain est passé de 1 %
du PIB en 1997 à 6,5 % en 2005. Il pèse environ 800 milliards de dollars.
B / Le bouleversement profond des
flux internationaux de capitaux
-Les pays émergents sont devenus des exportateurs nets de
capitaux.
-En 2005, les investisseurs et les banquiers du monde entier
ont placés 1293 milliards de dollars aux Etats-Unis, l'essentiel provient des
banques centrales asiatiques et des pays du Moyen-Orient exportateur de
pétrole.
C / L'essor spectaculaire des
mouvements de capitaux internationaux
-Les flux bruts mondiaux de capitaux sont passés de 4 000
milliards de dollars en 2000 à plus de 6 000 milliards en 2005, soit après de
15 % du PIB mondial.
-La capitalisation des marchés mondiaux des actions et des
obligations est passée de 80 000 milliards de dollars en 2000 à 120 000 milliards en 2005, soit le
double du PIB mondial.
I.Deux finalités des mouvements
financiers internationaux :
Régler les déséquilibres
des transactions courantes : les
pays ayant un déficit extérieur recherchent des moyens financiers ; les
pays ayant un excédent cherchent à rentabiliser leurs ressources financières.
Ces mouvements sont de nature conjoncturelle.
Selon la théorie libérale, les
pays développés et industrialisés ont des excédents d'épargne et de capitaux
qu'ils doivent utiliser pour financer des pays en développements qui en ont
besoin pour investir davantage et obtenir une croissance économique plus
forte, et donc se développer.
Cette orientation est
justifiée par le fait que selon la théorie de la croissance néoclassique,
la rentabilité du capital est plus forte dans les pays pauvres.
II.Les opérations financières
internationales s'effectuent selon deux types de modalités :
Opérations financières
internationales intermédiées : ce
sont des intermédiaires financiers qui accordent des crédits :
-Crédits
commerciaux traditionnels et les prêts consortiaux : ce sont des crédits bancaires accordés par des
IFM résidentes à des ANF non-résidents en monnaie nationale.
-Euros-crédits : crédits bancaires accordés par des syndicats des
banques à de très gros emprunteurs (entreprises, collectivités locale, Etats) à
partir de euros devises.
Opérations financières
internationales directes :
réalisées par l'émission et l'échange de titres sur les marchés de capitaux.
-Emission
de titres financiers par des non-résidents : sur les marchés des capitaux nationaux (dans la
monnaie nationale) = actions internationales et les obligations
internationales.
-Achat
de titres financiers nationaux par des non-résidents.
-Emission
de titres en euros monnaie :
appelée les « euros émissions » (les euro-obligations, titres à long
terme, et les euros effets, titres à court terme)
III.L'évolution dans les modalités du
financement international
On constate une évolution
dans les modalités du financement international.
1) Depuis la fin du
XIXe siècle et jusqu'à la crise de 1929 :
Les obligations et les
emprunts d'État émis auprès d'épargnants non-résidents sont les moyens
habituels du financement international. Les entreprises européennes et
nord-américaines effectuent des investissements productifs directement dans les
pays d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique latine, et cela dans une logique purement
économique car elles recherchent des matières premières et des débouchés.
2) Après les
turbulences des années 30 et la seconde guerre mondiale :
Les écarts montrent une volonté
de réglementer les relations financières internationales, ils freinent le
financement direct sur les marchés de capitaux, ils favorisent l'endettement
auprès des intermédiaires financiers.
Les opérations financières
internationales sont structurées autour de l'intermédiation financière.
Cela est d'autant plus facile qu'alors les mouvements internationaux de
capitaux sont essentiellement des flux compensatoires, qui résultent de la
situation de la balance des transactions courantes. Les flux financiers
internationaux n'ont aucune autonomie vis-à-vis du système national de
financement.
3) A partir des
années 70 :
Commence un processus de
libéralisation mondiale de la finance. Les crises pétrolières de 1973 et
1979 ont modifié considérablement les capacités et les besoins de financement,
imputables au déséquilibre de la balance des transactions courantes.
Il paraît
indispensable de faire circuler les capitaux des pays excédentaires à la
recherche de placements rentables vers les pays déficitaires à la recherche de
ressources financières, des pays de l'OPEP vers les pays en développement, du
Japon vers les Etats-Unis. La création d'un vaste marché international des
capitaux s'impose d'autant que l'esprit libéral qui commence à dominer vante
les bienfaits de la libre circulation des capitaux entre les pays.
Ce marché permettrait,
selon la logique libérale, une meilleure allocation de l'épargne mondiale et
une baisse des taux d'intérêt. On assiste, dans la seconde moitié des
années 70, au développement parallèle des marchés de capitaux, qui sont
en quelque sorte réservées aux pays développés et aux pays riches en capitaux,
des crédits bancaires accordés aux pays en développement et aux pays pauvres,
qui sont dans l'incapacité de participer au marché des capitaux et qui sont
contraints de se financer en empruntant aux banques.
4) A partir du milieu
des années 80 :
Commence un processus de
désintermédiation. L'émission de titres négociables sur les marchés
internationaux de capitaux se développe au détriment des crédits
En partie imputable à
la crise de l'endettement des pays en développement : les crédits
bancaires qui leur sont accordés se réduisent considérablement).
Il est également
imputable aux pays développés qui préfèrent se tourner vers les marchés
obligataires pour financer leurs déficits budgétaires ou leurs déficits
extérieurs (parce que la collecte des ressources y est plus souple et surtout
moins coûteuse).
5) Le système
financier international actuel :
Héritier de ces
bouleversements.
Les banques continuent
d'exercer leur activité traditionnelle d'intermédiation mais auprès
des seuls pays qui n'ont pas accès, en raison de leur pauvreté, aux marchés de
capitaux (seul moyen d'obtenir des capitaux).
Mais les banques vont
réorienter leur activité internationale pour devenir des acteurs privilégiés
sur les marchés de capitaux internationaux, des spécialistes dans l'émission de
titres et dans la gestion des portefeuilles.
Il existe désormais un
vaste marché international des capitaux car les barrières entre les
places financières internationales se soient progressivement écroulées. Le
système financier international se caractérise par une double autonomie :
oAutonomie
institutionnelle : ce sont les
banques multinationales et le marché international des capitaux qui régulent
les relations financières internationales. La régulation privée a
remplacé la régulation publique.
oAutonomie
financière : les flux
financiers internationaux ne sont plus simplement compensatoires, ils sont devenus
spéculatifs. La finance dominerait désormais l'économique. La
mondialisation financière, corollaire de l'interdépendance des économies
nationales, se joue sur le marché international des capitaux, devenus la source
essentielle pour maintenir et rentabiliser les actifs financiers.
La balance des paiements est un
document statistique qui enregistre sous une forme comptable l'ensemble
des transactions internationales réalisées entre un paysle reste du monde, entre les résidents
de ce pays et les non-résidents, au cours d'une période donnée.
Les opérations sont effectuées
entre les résidents et les non-résidents vis-à-vis du territoire français,
qui comprend la France métropolitaine, la principauté de Monaco, les
départements et territoires d'outre-mer, les collectivités territoriales
de Mayotte et de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Les
unités résidentes comprennent :
-Les personnes physiques demeurant en France
-Les personnes physiques de nationalité étrangère demeurant
en France depuis plus de 2 ans, à l'exception des militaires et des
fonctionnaires étrangers
-Les personnes morales (entreprises) françaises et étrangères
exerçant leur activité en Franceà
l'exception des représentations diplomatiques et consulaires.
Les agents résidants sont regroupés au sein de 4
secteurs :
-Les autorités monétaires : c'est-à-dire la banque
centrale,
-Les institutions financières monétaires
-Les administrations publiques l
-Es autres sectaires qui comprennent les entreprises non
financières, les institutions financières non monétaires et les ménages.
I –
STRUCTURE : LA BALANCE DES
TRANSACTIONS COURANTES
La
balance des transactions courantes regroupe quatre catégories
d'opérations :
-Les opérations sur bien enregistrent les exportations en les
importations de marchandises.
-Les opérations sur services comprennent notamment les frais
de transport les voyages des touristes, les services financiers et les services
de communication, ou encore le négoce international.
-Les opérations sur revenus comprennent les salaires des
travailleurs frontaliers, saisonniers ou expatriés et les revenus des capitaux
investis à l'étranger.
-Les transferts courants mesurent la contrepartie de bien,
des services et des capitaux exportés ou importés, gratuitement ou sans
rétribution apparente mesurable. Ce sont notamment les envois de fonds des
travailleurs vers leur pays d'origine et les fonds de coopération
internationale versés par les administrations publiques.
II –
LE COMPTE DE CAPITAL
-Les transferts en capital qui enregistrent les transferts
des administrations publiques vers des institutions communautaires européennes
et les remises de dette à des pays en développement.
-Les autres opérations qui enregistrent les acquisitions et
cessions d'actifs non financiers (par exemple les brevets).
III –
LE COMPTE FINANCIER
La
balance des comptes financiers enregistre le mouvement de flux relatifs aux
actifs financiers au sens large : les titres de créances et les
engagements. On distingue cinq rubriques :
-Les investissements directs concernent le capital social des
entreprises. L'investissement est considéré comme direct à partir d'une
participation de 10 % du capital, qui assure une participation significative
aux décisions de gestion de l'entreprise, voire une minorité de blocage. Les
investissements des résidents à l'étranger sont des créances, les
investissements étrangers en France sont des engagements.
-Les investissements de portefeuille sont des achats ventes
portant sur l'ensemble des titres financiers et monétaires, actions,
obligations, titres de créances négociables. Ils ont en général de nature
spéculative car leur finalité est la rentabilité à court terme le gain en
capital. Les avoirs des résidents en titres étrangers sont des placements
financiers des résidents à l'étranger. Les engagements des non-résidents en
titres français sont des placements financiers des non-résidents en France.
-Les produits financiers dérivés, autrefois comptabilisés
parmi les investissements en portefeuille, sont désormais isolés dans ce poste.
-Les autres investissements comprennent les crédits
commerciaux, comme ceux accordés par les banques françaises à des clients
non-résidents, les prêts et emprunts à court terme et long terme des
administrations publiques, des entreprises et des ménages et des autorités
monétaires, et les prêts et actifs monétaires des institutions financières
monétaires qui sont révélatrices des opérations interbancaires internationales.
-Les avoirs de réserve représentent la totalité des avoirs
monétaires dont dispose la banque centrale. Ce sont les avoirs en or, des
devises étrangères, les avoirs en DTS, la position de réserve au FMI. La
variation des avoirs de réserve correspond au règlement du solde final de
toutes les opérations précédentes de nature réelles ou financières.
Si on
fait la somme des quatre comptes (compte des transactions courantes, compte de
capital, compte financier et compte d'ajustement),le solde obtenu est par construction à égal à
zéro, puisque comme dans n'importe quel document comptable, la balance des
paiements se présente en équilibre. Les flux réels et financiers seront
exactement compensés par des flux monétaires.
Depuis le
1er janvier 1999, l'euro-système assume la responsabilité de la politique
monétaire unique dans la zone euro.
I –
L'OBJECTIF FINAL
-L'objectif final de la politique monétaire de la banque
centrale européenne est de maintenir la stabilité des prix.
-Celle-ci est définie comme une hausse de l'indice des prix à
la consommation sur l'ensemble de la zone euro et à moyen terme inférieur mais
proche de 2 %.
II –
LES DEUX PILIERS DE CETTE STRATEGIE
è La mesure de l'évolution prévisible
des prix.
Elle se fonde sur un ensemble d'indicateurs
relatifs aux évolutions de la demande des coûts de production et des marchés
financiers.
è La mesure de l'accroissement de
l'agrégat monétaire M3
L'évolution
constatée de l'accroissement de la politique monétaire au regard de la
référence prévue incite la BCEà une
politique monétaire qui sera plus restrictive si cet accroissement est plus
rapide que prévu. Cette logique est d'inspiration monétariste, je cite la BCE,
« l'inflation est considérée comme la conséquence du fait que la monnaie
disponible est trop importante par rapport à l'offre de biens et de
services ».
III –
L'OBJECTIF OPERATIONNEL
-C'est la régulation des taux d'intérêt court sur le marché
interbancaire car les taux d'intérêt long se déterminent sur les marchés
financiers.
-Cela la conduit à déterminer 2 taux d'intérêts directeurs
qui servent de référence dans la zone euro :
-L'EONIA (Euro
OverNight Index Average) qui est le taux moyen pondéré au jour le jour
en euros est le taux de référence pour les opérations à 24 heures.
-L'EURIBOR est le taux interbancaire offert en euros. C'est
une moyenne calculée des taux à terme pour les échéances mensuelles de 12 mois.
Ces deux
taux de refinancement servent de référence sur le marché interbancaire dont les
taux varient entre un minimum, l'Eonia, pourles transactions au comptant et un maximum, l'Euribor, le pour les
transactions à court terme. Ils constituent aussi une référence pour
l'établissement du taux de base bancaire, et surtout, leur évolution à la
hausse ou à la baisse est un indicateur de l'orientation de la politique
monétaire de la BCE restrictive ou expansionniste.
IV –
LES INSTRUMENTS DE LA POLITIQUE MONETAIRE
DE LA BCE
On
distingue trois grandes catégories d'instruments de politique monétaire.
-Les opérations d'open
market :
ce sont les interventions de refinancement prises par la banque centrale sur le
marché interbancaire de monnaie centrale.
oLes opérations principales de refinancement permettent le refinancement
régulier des intermédiaires financiers.
oLes opérations de refinancement à plus long terme sont
destinées au refinancement régulier des intermédiaires financiers de taille
petite ou moyenne.
oLes opérations de réglage fin visent à assurer une régulation
de la liquidité bancaire, face à des chocs transitoires imprévus ou biens en
cas de déséquilibre significatif. Cette procédure exceptionnelle est devenue
plus fréquente depuis 2004.
oLes opérations structurellesvisent à agir durablement sur la liquidité bancaire en créant ou en
augmentant leurs besoins de refinancement.
-Les facilités
permanentes
permettent de fournir ou de retirer des liquidités à échéance de 24 heures et
d'encadrer le taux du marché interbancaire au jour le jour entre un taux plafond
et un taux plancher. Ces opérations se font à l'initiative des établissements
de crédit.
§Les facilités de prêt marginal permettent de satisfaire les
besoins temporaires de liquidités.
§Les facilités du dépôt permettent de drainer les surplus
temporaires de liquidités.
-Les réserves
obligatoires
obéissent deux finalités : stabiliser les taux d'intérêt du marché
interbancaire, créer ou augmenter le besoin structurel de monnaie centrale.
Nous
conclurons sur la pertinence de la politique monétaire de la banque centrale
européenne comparée à celle de la banque centrale américaine la Fed.
.
A la suite de l'éclatement de
la bulle financière, la réserve fédérale a fortement baissé son taux
directeur, jusqu'à ce que la croissance économique soit fermement établie.
La réserve fédérale les a augmentés ensuite jusqu'en juin 2006 à près de 5
%, en raison de la hausse du prix du pétrole.
La politique monétaire de la
BCE est tout autre. La baisse du taux directeur en réponse à la crise
financière a été moins forte : d'environ 4,5 % en 2001 à 2 % en 2003.
Elle a été suivie par une longue période d'immobilisme malgré la longueur
de la croissance économique, la stabilité des prix et l'appréciation
massive de l'euro.
L'explication
tient au fait que les objectifs finaux de la politique monétaire ne sont pas
les mêmes.
Le seul objectif de la banque
centrale européenne est la stabilité des prix, la logique est purement
monétariste.
Au contraire, la réserve
fédérale américaine utilise la politique monétaire dans la logique
keynésienne pour relancer la croissance économique.
-Ce sont des techniques d'intervention dont
dispose la banque centrale pour agir sur les variables monétaires.
-La banque centrale conduit la politique monétaire :
-soit en agissant
directement sur la quantité de monnaie offerte (monnaie centrale ou bancaire)
et on l'appelle « politique quantitative »,
-soit en agissant indirectement sur le prix de la monnaie,
c'est-à-dire le taux d'intérêt et notamment le taux de refinancement, afin
d'agir sur la création de monnaie bancaireet on l'appelle « politique des taux ».
I – LA POLITIQUE DU
REESCOMPTE
-Il s'agit d'une procédure de refinancement des banques
auprès de la banque centrale qui se fait à l'initiative des banques et à un
taux fixé à l'avance par la banque centrale.
-Le réescompte entre la banque centrale et la banque suppose
une opération préalable d'escompte entre la banque et les ANF.
-La politique du réescompte consiste à modifier le taux de
réescomptes qui détermine les taux d'intérêt débiteurs demandé par les banques
à leurs clients demandeurs de crédit. Si la banque centrale augmente le taux de
réescompte, les banques répercutent cette hausse sur les taux d'intérêt
débiteurs.
-Cette politique n'est efficace qu'à deux conditions, les
banques doivent répercuter la variation du taux de réescompte sur le coût du
crédit et les ANF doivent être sensibles à cette variation du coût des
emprunts. Et elle est d'autant plus efficace que les ANF n'ont pas d'autres
moyens de financement que de s'endetter auprès des banques.
II – LA POLITIQUE DE L'OPEN
MARKET
-La politique d'open market est l'intervention de la banque
centrale sur le marché interbancaire dans le but de faire varier les taux
d'intérêt sur ce marché de la monnaie centrale au moyen d'achat ou vente de
titres par la banque centrale pour augmenter ou diminuer la liquidité bancaire.
-Quand la banque centrale décide d'acheter des titres sur le
marché interbancaire qu'elle paie avec de la monnaie centrale, elle fait monter
le prix des titres vendu par les banques en augmentant la demande de titre, et
simultanément elle fait baisser le taux d'intérêt sur le marché interbancaire
en augmentant l'offre de monnaie centrale.
-Inversement, quand la banque centrale décide dedes titres, cela fait baisser les prix des
titres, puisque l'offre de titre augmente, et cela fait augmenter le taux
d'intérêt puisque la quantité de monnaie centrale offerte diminue.
-L'action sur le taux du marché interbancaire est très
efficace parce que la variation des taux interbancaires modifie la rentabilité
globale du portefeuille de titres des banques. Cela les oblige à reconsidérer
leur politique de crédit car elles ne peuvent pas changer leur taux de base
chaque fois que les taux interbancaires varient.
-L'action sur la liquidité bancaire est limitée et
asymétrique car il est plus facile pour la banque centrale d'injecter des
liquidités sur le marché interbancaire, c'est-à-dire de créer de la monnaie
centrale, que d'en retirer.
III – LA POLITIQUE
DES RESERVES OBLIGATOIRES
-Les réserves obligatoires sont une obligation faite aux
banques de détenir des réserve non rémunéré en monnaie centrale à leur compte
courant à la banque centrale, et cela dans une proportion qui est fixé par
rapport aux dépôts qu'elle gèrent, donc à leur passif, ou bien aux crédits
qu'elle consentent, donc à leur actif.
-La politique des réserves obligatoires consiste à augmenter
le cœfficient de réserves obligatoires pour réduire le pouvoir de création
monétaire des banques ou de le diminuer pour faciliter ou inciter les banques à
créer de la monnaie bancaire.
-L'efficacité de cette politique dépend des structures
bancaires. Quand les banques disposent de réserves excédentaires, cette
politique implique une véritable ponction de liquidité centrale sur le marché
interbancaire qui réduira le pouvoir de création de monnaie bancaire. Quand les
banques ne disposent pas de réserves excédentaires, la banque centrale sera
contrainte de créer de la monnaie centrale mais l'accroissement de la demande
de monnaie centrale par les banques devrait en augmenter le coût,
c'est-à-direle taux d'intérêt.
IV – LA
POLITIQUE D'ENCADREMENT DU CREDIT
-C'est une limitation par voie règlementaire du taux de
croissance des encours de crédit, distribué par les banques.
-Cette procédure conduit à bloquer le processus de création
monétaire des banques.
-Appliquée au sens strict, cette politique est une
interdiction absolue pour les banques de dépasser les encours de crédit,
autorisés par la banque centrale.
-Sous une forme atténuée, les banques doivent s'efforcer de
respecter les normes de croissance d'encoursde crédit, décidées par la banque centrale.
-Mais si elles les dépassent, elles sont obligées de payer
des pénalités sous la forme de constitution de réserve supplémentaire auprès de
la banque centrale.
-Ce rationnement des crédits est une politique très cœrcitive
et d'une redoutable efficacité qui n'est utilisé que de manière exceptionnelle.
-La politique monétaire vise à agir sur les
grandeurs économiques, appelées « objectif final ».
-Cela suppose une action sur des variables
monétaires, appelés « objectifs intermédiaires », qui conduisent à
définir des modalités d'intervention, appelées « objectif
opérationnel ».
I – LES OBJECTIFS FINAUX
-Les principaux objectifs de la politique
économique conjoncturelle peuvent être visualisés à l'aide de ce que Nicolas
CALDOR a appelé en 1971 « le carré
magique » qui représente les 4 indicateurs traditionnels de l'Etat de
santé d'une économie à savoir :
§Le taux de croissance du PIB
§Le taux de chômage
§Le taux d'inflation
§Le solde extérieur en pourcentage du PIB.
-Il peut exister des conflits entre ces objectifs. Une
politique de relance de la croissance économique pour réduire le chômage peut
entraîner un déséquilibre extérieur ou une hausse de l'inflation. Une politique
de lutte contre l'inflation peut casser la croissance économique et augmenter
le chômage. La banque centrale peut donc être amenée à faire des arbitrages en
fonction de ses priorités.
-Exemple : dans les années 80, l'objectif prioritaire
était partout la lutte contre l'inflation, quel qu'en soit le coût en termes de
croissance économique et de chômage. Aujourd'hui, on peut opposer la réserve
fédérale américaine à la BCE.
La réserve fédérale américaine, conformément à la loi de 1978
sur le plein-emploi et la croissance équilibrée, doit mener une politique
monétaire qui assure, je cite, « trois objectifs finaux : le
plein-emploi, la stabilité des prix et la modération des taux d'intérêt à long
terme ». En revanche, l'objectif final de la BCE est unique : la
stabilité des prix.
II – LES OBJECTIFS INTERMEDIAIRES
-Ce sont des variables monétaires supposées permettre la
réalisation de l'objectif final décidé. Ces variables monétaires sont
susceptibles d'être contrôlable par la banque centrale.
§L'accroissement de la quantité de monnaie en circulation dans l'économie. En
contrôlant le rythme de croissance des agrégats monétaires, on peut contrôler
celui de la demande. En
règle générale le choix porte sur l'agrégat M3 qui est la masse monétaire au
sens large, représentative de l'ensemble des liquidités de l'économie. Dans
l'optique monétariste, contrôler l'accroissement de monnaie permet de contrôler
l'accroissement de la demande et donc les risques d'inflation.
§Le niveau des taux d'intérêts. Ils contribuent à expliquer les
décisions des ANF relatives à la détention d'actifs financiers, à
l'investissement productif des entreprises, à la demande de crédit des ménages.
§Les taux de change influencent les exportations et les
importations de biens et de services et des capitaux. Une baisse du taux de
change dans une économie améliore sa compétitivité, ce qui est susceptible
d'augmenter les exportations et de favoriser la croissance économique, et elle
augmente le prix des produitsimportés
ce qui risque d'induire de l'inflation.
III
– LES OBJECTIFS OPERATIONNELS
-Ce sont les variables monétaires choisies par la banque
centrale parmi les objectifs intermédiaires comme étant les plus susceptibles
d'être contrôlé et maîtrisé, en fonction de l'objectif final recherché.
-La politique monétaire cherche à agir sur la quantité de
monnaie circulant dans l'économie, elle va chercher à agir sur les crédits qui
sont à l'origine de la création monétaire des banques ordinaires.
-Le crédit met en cause des ANF demandeurs de crédit, les
banques offreuses de crédit (créatrices de monnaie bancaire mais demandeuses de
monnaie centrale), la banque centrale (créatrice de monnaie centrale).
-Pour maîtriser la quantité de monnaie circulant dans
l'économie, la banque centrale peut agir dans plusieurs directions :
§Une action sur la demande de crédit des ANF. En agissant sur les taux
d'intérêt, la banque centrale modifie le coût du crédit lequel influe sur la
demande de crédit.
§Une action sur l'offre de crédit des banques.
►En établissant une norme de progression des crédits à ne pas
dépasser, la banque centrale influe sur le volume de crédits distribués par les
banques.
►En décidant de l'importance de sa création de monnaie
centrale, la banque centrale influe sur la liquidité bancaire et donc la
possibilité pour les banques de créer de la monnaie bancaire.
La politique monétaire d'inspiration monétariste est
destinée à neutraliser l'influence déstabilisatrice de la monnaie sur
l'économie.
I – LES PRINCIPES DE LA POLITIQUE MONETAIRE
MONETARISTE
-Les monétaristes sont par principe hostiles à toute
intervention de l'Etat dans l'économie.
-La flexibilité des prix est supposée assurer automatiquement
l'équilibre sur les marchés, c'est-à-dire l'égalité entre offre et demande.
-Ils affirment l'existence d'un taux de chômage dit naturel,
lequel estcompatible avec la stabilité
des prix.
-Si le marché du travail fonctionne correctement, il est
parfaitement flexible. Le taux de chômage effectif oscille autours de ce taux
de chômage naturel minimal.
-En aucun cas le volontarisme politique ne peut réduire
durablement le chômage en dessous de ce taux naturel.
-Si le taux de chômage se situe au dessus du taux naturel, la
baisse du salaire est le seul moyen d'amener le chômage à son taux naturel.
-Les monétaristes critiquent vigoureusement les politiques
Keynésiennes qui selon eux, au mieux seraient inefficace, au pire aggraveraient
les difficultés qu'elles prétendent résoudre.
-L'objectif de la politique monétariste est de neutraliser
les fluctuations du revenu nominal imputables à des variations erratiques de
l'offre de monnaie, elles-mêmes provoquées par des décisions le plus souvent
erronées des pouvoirs publics.
II – LE CONTENU DE LA POLITIQUE MONETAIRE
MONETARISTE
La politique monétariste se définit par 3 caractéristiques.
-la politique monétaire est conçue dans une perspective à
moyen terme ou long terme comme une action structurelle. Le ralentissement de
la tendance inflationniste doit donc être organisé par étape et sur plusieurs
années.
-la politique monétaire consiste en un contrôle de la
quantité de monnaie en circulation mais elle refuse la possibilité d'une action
directe sur le taux d'intérêt. Dans la logique monétariste la demande de
monnaie est stable et insensible au taux d'intérêt alors que l'offre de monnaie
est instable, voire erratique, en raison du comportement arbitraire, voire
électoral, des autorités monétaires en matière de création monétaire.
-La politique monétaire quantitative implique l'établissement
d'une règle ou d'une norme simple, permanente et indépendante de la
conjoncture, et non pas des interventions discrétionnaires et ponctuelles. Il
convient de choisir un objectif de croissance régulière de la masse monétaire
compatible avec l'accroissement du PIB.
Nous conclurons sur la politique monétariste en constatant
qu'elle découle directement de la théorie quantitative de la monnaie dont
l'approche dichotomique ne reconnaît qu'une seul relation causale :
-La politique de la norme agit de manière préventive.Compte tenu du taux de croissance attendu du
PIB réel Y (par exemple 4%), on décide du taux de croissance de l'offre de
monnaie M (exemple 6%), supposé garantir une hausse des prix P minimale (dans
notre exemple 2%).
-La politique active de lutte contre l'inflation imposera une
réduction de la création de monnaie M afin d'obtenir une réduction semblable
des prix P étant supposé que le taux de croissance du PIB réel Y est donné mais
non maitrisable. Dans la réalité, cette politique casse l'inflation mais aussi
la croissance économique.
-
La politique monétaire d'inspiration keynésienne est
considéré comme un instrument parmi d'autre aux services du volontarisme des
pouvoirs publics.
-On doit à Keynes d'avoir poser les fondements de l'interventionnisme
dans une économique de marché.
-Cependant, le rôle qu'il assigne à la politique monétaire
apparaît comme secondaire par rapport à celui dévolu à la politique budgétaire
qui d'ailleurs traduit davantage encore le volontarisme de la politique économique.
-Mais cette attitude est imputable en grande partie au
contexte dans lequel Keynes raisonne, et qui est celui du chômage massif des
années 30, pour lequel la politique budgétaire de relance apparaissait
déterminante.
I – LES PRINCIPES DE LA POLITIQUE KEYNESIENNE
-Le mouvement spontané des marchés conduit selon Keynes à une
situation d'équilibre macro économique qui n'a aucune raison d'assurer le plein
emploi de la main d'œuvre, car l'équilibre entre l'offre et la demande de biens
et services peut être associé à un déséquilibre au niveau de l'emploi.
-Dans la situation où l'équilibre entre l'offre et la demande
de biens et services est associé à un excédent d'offre sur le marché du
travail, il y a un équilibre mais de sous emploi. Cette situation de
chômage est imputable à une insuffisance de la demande effective. Cette
situation est fréquente.
-Inversement, si l'équilibre sur le marché des biens et
services est associé à un excédent de demande de travail, il y a un équilibre
mais de sur emploi. Cette situation de surchauffe est imputable à un excès de
la demande effective et se résoudra par une hausse des prix. Cette situation
est fréquente.
-La politique économique consiste en une intervention contra
cyclique de relance en situation d'équilibre de sous emploi, de stabilisation en situation
d'équilibre de plein emploi inflationniste.
-La politique monétaire consiste à intervenir sur le marché
de la monnaie pour faire varier le taux d'intérêt. Elle est
discrétionnaire, pragmatique, flexible et rapidement utilisable.
-La politique budgétaire consiste à modifier le budget de
l'Etat en faisant varier les dépenses publiques ou bien les recettes publiques.
Elle est par définition lourde à manier.
II – LE CONTENU DE LA POLITIQUE MONETAIRE
KEYNESIENNE
-Quand qu'il existe du chômage, la monnaie exerce des effets
réels sur l'économie et précisément parce que, je cite Keynes, « l'emploi varie proportionnellement à la
quantité de monnaie ».
A / La
relation monnaie / intérêt
-un accroissement de l'offre de monnaie implique une baisse
du taux d'intérêt telle que la demande de crédit augmente, donc la demande de
monnaie et notamment l'encaisse de spéculation M2.
-Inversement, une diminution de l'offre de monnaie fait
apparaître un excédent de la demande de monnaie ce qui entraine une hausse du
taux d'intérêt, telle que la demande de crédits et de monnaie diminue et
notamment l'encaisse de spéculation M2. I
-La trappe monétaire : quand le taux d'intérêt est à un
niveau tellement bas que les ANF ne sont plus incités à acheter des titres.
Dans ces conditions, tout accroissement de l'offre de monnaie ne fera
qu'alimenter l'encaisse de spéculation M2 puisqu'il n'y a aucun
accroissement de la demande de titre. Et s'il n'y a aucune possibilité de faire
baisser le taux d'intérêt, la politique monétaire de création de monnaie se
révèle ici totalement inefficace.
B / La
relation intérêt – investissement
-Une variation du taux d'intérêt peut influer sur
l'investissement.
-Ainsi une baisse des taux d'intérêts entraîne une huasse des
investissements productifs,
-Une baisse des des taux d'intérêts entraîne une hausse de la
consommation et de l'investissement-logement des ménages.
La politique monétaire Keynésienneapparaît ainsi comme une politique de
régulation des taux par le biais d'une modification de l'offre de monnaie par
les autorités monétaires.
Etudiant au CAVEJ (Paris I) je met en ligne mon travail.
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